Elle avait été affublée d’un keffieh la veille, symbole de la lutte en soutien à Gaza depuis bientôt deux ans. Le 4 octobre, une statue de Jean Paul II édifiée il y a quinze ans par Oliveiro Rainaldi et située devant la gare Termini, à Rome, a été la cible de plusieurs manifestants participant à un événement en soutien à Gaza. Ces derniers l’ont copieusement taguée, avec des propos injurieux inscrits en noir : "fasciste de m****", pouvait-on lire distinctement, parmi les faucilles et marteaux dessinés. Au-delà de l’indécence et de la vulgarité du propos, c’est la mémoire d’un pape, engagé des années durant pour la paix et la réconciliation entre les peuples, qui a été salie, gratuitement.
Cette statue de saint Jean Paul II a eu le malheur de se trouver sur le chemin de cette manifestation. Cela aurait pu tomber sur n’importe quel grand personnage statufié. Car qui pourrait aujourd’hui établir un quelconque lien entre le pape de la paix, qui s’est battu plusieurs décennies durant contre l’oppression dans le monde, et une situation humanitaire dans la Bande de Gaza qui devient chaque jour plus critique ? C’est d’ailleurs méconnaître à quel point saint Jean Paul II fut un apôtre infatigable de la résolution du conflit israélo-palestinien.
Acteur de la paix au Proche-Orient
Mars 2000. Pape depuis presque 22 ans, Jean Paul II se rendait en Terre sainte, pour marquer l’année du Jubilé, à Jérusalem. Dès son arrivée, il rappelait à Ezer Weizman, alors président d’Israël, "combien était urgent le besoin de paix et de justice, pour la région tout entière et pas seulement pour Israël". Au même moment, les États-Unis accueillaient des discussions de paix « très tendues » entre Palestiniens et Israéliens. Peu avant la célébration de sa messe dans la mangeoire de Bethléem, le souverain pontife avait insisté sur l’importance du dialogue interreligieux, "qui permettra aux juifs, aux chrétiens et aux musulmans de persévérer dans la recherche d’une paix et d’une justice dont les peuples de Terre sainte ne jouissent pas encore".
Peu avant, il avait tenu ces propos forts à l’adresse de Yasser Arafat, alors président de l’Autorité palestinienne : "Personne ne peut ignorer ce que le peuple palestinien a dû souffrir ces dernières décennies. Votre tourment est présent aux yeux du monde. Et il a duré trop longtemps." Avant d’ajouter fermement : "Le Saint-Siège a toujours reconnu que le peuple palestinien avait le droit naturel à avoir une patrie et à pouvoir vivre en paix et en tranquillité avec les autres peuples de la région. J’ai constamment proclamé qu’il n’y aurait jamais de fin à ce triste conflit sans des garanties stables pour les droits de tous les peuples concernés, sur la base du droit international et des résolutions des Nations unies."
Rien à voir avec le "fasciste", terme largement utilisé aujourd’hui pour décrédibiliser un adversaire, qu’ont désigné ces manifestants. Début juin 2003, le pape Jean-Paul II recevait l’ambassadeur d’Israël auprès du Vatican et insistait, catégorique : "Le Saint-Siège est convaincu que l’actuel conflit ne sera résolu que lorsqu’il y aura deux États indépendants et souverains." Une ligne qu’ont gardée fidèlement ses successeurs, jusqu’au pape Léon XIV, qui en septembre dernier, déclarait qu’une solution à deux États était "l’unique porte de sortie à la guerre en cours".

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