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Le gras, c’est la vie ?

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Marianne Durano - publié le 06/10/25
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Est-ce le choix de la vie que fait notre société ? Quand elle consent à laisser naître ses nourrissons, elle les intoxique sans scrupule, déplore la philosophe Marianne Durano.

"Choisis la vie !" Drôle d’injonction que celle-ci, adressée par Dieu au peuple hébreu dans le Deutéronome (Dt 30, 19). Elle semble à la fois évidente et absurde : quitte à pouvoir choisir, rares sont ceux qui préfèrent la mort ! La vie, d’ailleurs, est moins une question de choix qu’une force qui nous échappe, qu’il s’agisse de la donner ou de la perdre. Difficile de dire "choisis la vie !" à des couples en mal d’enfant, à des malades agonisants, à des populations bombardées… On peut souhaiter une bonne vie, comme on souhaite une bonne chance, une bonne année, ou une bonne santé, un peu au hasard, sans trop y penser. Pourtant, si Dieu place cette alternative entre la vie et la mort à l’orée de ses commandements, c’est bien qu’il en va d’un choix existentiel, engageant la liberté de chacun. De quelle vie alors parlons-nous, que nous pourrions bafouer ?

Se nourrir et se reproduire

Au sens biologique, la vie, c’est d’abord cette puissance qui permet à la nature de croître et de se reproduire. Selon Aristote, le vivant se caractérise avant tout par la nutrition et la reproduction. Alimentation et natalité : les deux piliers qui font de nous des vivants, et qui sont si menacés aujourd’hui par l’emprise du marché et de la technique… Étonnant que le Philosophe y ait vu, précisément, le propre du vivant ! Plus de 2000 ans après lui, en 2018, Bayer, leader mondial de la pilule contraceptive, rachetait Monsanto, leader mondial des pesticides et des semences agro-industrielles. Coïncidence, je ne crois pas. Dans nos estomacs et dans nos utérus, c’est à même notre corps qu’il nous faut "choisir la vie", contre les puissances d’argent qui cherchent à s’approprier la fécondité de la nature… et la nôtre, par la même occasion !

Un perturbateur endocrinien dans le lait infantile

Nutrition et reproduction : les aliments que nous consommons affectent également notre santé reproductive. Une enquête publiée par Greenpeace le 22 septembre dernier a ainsi révélé la présence d’hexane, un perturbateur endocrinien neurotoxique et cancérigène dérivé du pétrole, dans les huiles, le beurre, les œufs, le poulet, les céréales pour enfants… mais surtout le lait infantile 1er âge ! Utilisé pour extraire l’huile des graines oléagineuses, ce solvant est considéré comme un "auxiliaire technologique", c’est pourquoi il ne figure pas sur les étiquettes des produits que nous ingérons. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait pourtant demandé dès 2024 la réévaluation des risques sanitaires liés à l’hexane, après avoir constaté une exposition alarmante chez les bébés de moins de 16 semaines (jusqu’à 7,8mg/kg/jour). 

Quand elle leur donne encore la grâce de naître, notre société intoxique et stérilise ses nourrissons dès le biberon ! Sans surprise, la Fédération nationale des corps gras (FNCG, oui oui, ça existe) a défendu son bout… de gras, en expliquant que, sans hexane, ses rendements risquaient de connaître une chute vertigineuse de l’ordre de 89% d’extraction de graisse, contre 97% actuellement (source : Agro-media.fr, 2/6/2025). Tout de même, 8% de rendement en moins, ça vaut la peine d’empoisonner nos nouveau-nés !

Face au Veau d’Or

Comme il résonne alors durement, ce commandement divin venu des profondeurs : "Choisis la vie !" À peine descendu du Mont Sinaï, c’est bien face au Veau d’Or que Moïse tombe nez-à-nez. Des siècles plus tard, le gras a changé de provenance, mais l’alternative reste la même. Allaiter ses enfants, consommer au maximum des produits sains, locaux, non-transformés : c’est cela, aussi, "choisir la vie" aujourd’hui.

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