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Natalité en baisse, avortements en hausse : des records glaçants

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Mathilde de Robien - publié le 02/10/25
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Deux instituts viennent de publier des chiffres record liés au désir d’enfant des Français. Leur association est glaçante : la natalité continue de dégringoler tandis que le nombre d’avortements n’a jamais été aussi haut depuis 1990.

La France bat des records inquiétants. Le nombre de naissances continue de chuter, confirmant la bascule amorcée en mai dernier, tandis que le nombre d’avortements a atteint un niveau historique.

L’Insee a publié ce 2 octobre les statistiques concernant les naissances mensuelles et le mois d’août n’a pas redressé la tendance à la baisse, loin de là. En août 2025, 55.160 bébés ont vu le jour en France. Cela représente une baisse de 2,9% par rapport à août 2024. En cumul de janvier à août, le nombre de naissances quotidien moyen baisse de 2,1% en 2025 par rapport à 2024. Selon l’Insee, cette diminution ne s’explique pas par une baisse du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants, mais par une fécondité en déclin. En mai 2025, le nombre de décès enregistrés en France sur douze mois consécutifs a excédé celui des naissances sur la même période. Une première depuis la Seconde Guerre mondiale, et une bascule démographique inquiétante qui n’était pas attendue aussi tôt par les statisticiens.

Alors que la natalité est en berne, que l’infertilité est devenue un enjeu de santé publique, le nombre d’avortements n’a jamais été aussi haut depuis 1990. Est-ce le fruit de la constitutionnalisation du "droit à avorter" de mars 2024 ? Ou de l'allongement du délai légal pour avorter passé à 16 semaines d’aménorrhée en mars 2022 ? Quoi qu’il en soit, la France enregistre en 2024 un record absolu d’IVG, avec 251.270 interruptions de grossesse (IVG), soit une hausse continue pour la troisième année consécutive, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée le 25 septembre. L'année 2023 avait déjà franchi un record historique avec 234.300 IVG, soit le plus haut niveau jamais enregistré depuis 1990.

Chute du désir d’enfant

Une étude de l’Ined publiée cet été a mis en lumière la baisse des intentions de fécondité des Français. Le titre résume le constat sans appel : "les Français veulent moins d’enfants". Selon cette étude, le nombre idéal d’enfants était en moyenne de 2,7 en 1998, et est tombé à 2,3 en 2024. La part des personnes ne désirant pas d’enfant a doublé, passant de 6% en 1998 à 12% en 2024. Une chute du désir d’enfant qui concerne tous les milieux sociaux, et qui est davantage marquée chez les jeunes. Des chiffres laissant "présager une diminution de la descendance finale pour les générations nées après 1985", selon les auteurs de l’étude.

Ce déclin de la natalité et du désir d'enfant inquiète même le marché de la puériculture qui voit son chiffre d’affaires chuter en même temps que le nombre des naissances. Les professionnels du secteur faisaient grise mine au salon BEBE (Baby Event Business Exhibition) qui s’est tenu en début de semaine à Paris. Selon la Fédération des commerces spécialistes des jouets et des produits de l'enfant (FCJPE), le marché de la puériculture a perdu 5,2% en valeur et 7,3% en volume entre juillet 2024 et juin 2025. Des raisons économiques qui font bien piètre figure par rapport à une problématique beaucoup plus profonde : quel avenir pour une société qui ne veut plus d’enfants ?

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