L’IFOP et l’association solidaire COP1 ont publié leur baromètre annuel relatif à la situation des étudiants en France le 29 septembre. Et la situation est préoccupante : 16% des interrogés ont eu recours à une aide alimentaire au cours de l’année.
Les derniers chiffres publiés par l’IFOP et l’association COP1, lundi 29 septembre, font état d’une situation critique chez les étudiants : entre insécurité alimentaire, difficulté de logement et santé mentale en berne, ce public est en proie à la précarité. L’association d’aide alimentaire La Patate, née à Aix-en-Provence d’une initiative paroissiale, essaie d’apporter sa pierre à l’édifice.
En 2025, 74% des personnes interrogées confient à l’IFOP prendre systématiquement leurs repas à domicile, alors que 34% des étudiants affirment sauter régulièrement des repas par manque d’argent. Quant au régime "pâtes au beurre" ? Ce dernier est une réalité pour 53% des répondants, qui révèlent modifier leurs menus vers des recettes moins coûteuses. Pour de nombreux universitaires, les fins de mois sont difficiles.
33% des étudiants se restreignent dans l’achat d’articles d’entretien
Pour 16% des interrogés, ces stratégies d’adaptation sont insuffisantes, et le recours à l’aide alimentaire est inévitable. Des actions solidaires se mettent alors en place, à l’instar de La Patate. Une fois par semaine, l’épicerie solidaire fournit des paniers alimentaires d’un montant d’un euro pour les étudiants, contenant boîtes de conserves, féculents, viennoiseries ou produits d’hygiènes – faute de finances, ces derniers sont délaissés par 33% des interrogés.
Quinze étudiants, puis trente, puis cinquante dès le mois d’octobre ; Gabriel, étudiant de 20 ans et responsable de l’association durant plus d’un an, a vu de nombreuses têtes défiler l’année passée. Pour répondre à la – trop forte – demande, La Patate cherche continuellement des denrées : dons manuels, invendus des enseignes et appels à la sortie de la messe… "La chorale de la paroisse nous a également versé les bénéfices de son concert de Noël. Et nous repartons cette année sur une campagne pour faire des collectes", poursuit le jeune homme en troisième année d’ostéopathie.
"Beaucoup d’étudiants ne voient personne de la journée"
Mais au-delà de l’aspect financier, l’ancien responsable met l’accent sur une autre précarité : celle affective. "Beaucoup d’étudiants ne voient personne de la journée et sont isolés. En discutant avec eux, on se rend compte qu’un grand nombre sont angoissés et ne vont pas bien". Et pour cause. D’après les chiffres publiés par l’IFOP, un tiers des étudiants se sentent régulièrement seul, quand plus de 66% d’entre eux affirment ressentir principalement des émotions négatives. Alors, quand les portes de La Patate s’ouvrent chaque lundi soir, une simple partie de baby-foot ou une discussion autour d’un gâteau partagé deviennent des petits moments de vie, tout autant nourrissants.
Les derniers chiffres publiés par l’IFOP sont en légère diminution par rapport à l’année 2023, qui avait été marquée par un pic inflationniste. Pourtant, cette évolution positive ne doit pas masquer la fragilité et l’isolement des étudiants, qui ignorent souvent les pistes d’amélioration : en 2025, plus de 40% des étudiants révèlent méconnaître le dispositif Santé Psy Étudiant. À son échelle, Gabriel apporte un peu de baume au cœur : "Nous voulons vraiment faire de La Patate un foyer familial et convivial au sein duquel on se sent accueilli."












