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Enseignement catholique : l’instance de réparation de l’Église voit les saisines affluer

2 min de lecture
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Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La présidente de l'Instance nationale indépendante pour la reconnaissance et la réparation (Inirr) Marie Derain de Vaucresson (2e à gauche), 25 mars 2025.

L’Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation (Inirr) connaît un afflux inédit de saisines depuis les révélations touchant l’enseignement catholique. Selon sa présidente Marie Derain de Vaucresson, le nombre de demandes a triplé depuis mars, traduisant une réactivation de la parole des victimes et soulignant les zones encore non couvertes par le dispositif.

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L'Iniir, instance de réparation créée par l'Église pour les victimes d'agressions sexuelles en son sein, connaît un regain de saisines depuis les révélations concernant l'enseignement catholique, a affirmé mercredi à l'AFP sa présidente Marie Derain de Vaucresson. "Nous étions en juillet au même niveau de demandes que pour toute l'année 2024", a-t-elle affirmé, une intensification "liée aux révélations dans l'enseignement catholique" dans le sillage de l'établissement Notre-Dame de Bétharram.

Concrètement "on est revenus à une trentaine de demandes par mois depuis mars, alors qu'on n'avait plus dépassé dix depuis le deuxième semestre de 2024", a-t-elle ajouté. Poussées par "une réactivation du psychotrauma" ou par "la colère", ces victimes sont "surtout des hommes" âgés de 56 ans en moyenne (contre 64 ans auparavant), a-t-elle ajouté. Ils s'adressent à l'instance "avec le risque que parfois, nous ne puissions pas les accompagner, pour des raisons d'âge au moment des faits ou de responsabilité", a ajouté Mme Derain.

En effet l'Inirr prend en charge les victimes de personnes ayant reçu une responsabilité de l'évêque (prêtres, diacres, directeurs...), mais pas les enseignants ou les surveillants. Et "nous n'avons pas identifié de dispositif mis en place par le secrétariat général de l'enseignement catholique pour ces victimes", a ajouté Mme Derain en plaidant pour "une reconnaissance institutionnelle" de la part de l'enseignement catholique.

33.000 mineurs victimes depuis 1950

L'Inirr (Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation) a été créée par l'épiscopat français en novembre 2021, dans le sillage d'un rapport choc évaluant à 330.000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l'Église depuis 1950. Au total "1.734 personnes se sont adressées à l'Inirr" depuis sa création  et "1.475 ont été ou sont en cours d'accompagnement", a ajouté Mme Derain, dont l'instance a une lettre de mission courant jusqu'à l'été 2026. "On a apporté une réponse de crise à une situation de crise, qu'il faut maintenant transformer durablement", a-t-elle ajouté. Dans La Croix le 16 septembre, le président de la Conférence des évêques de France (CEF) Jean-Marc Aveline a dit sa volonté de transformer l'Inirr pour "créer une structure pérenne".