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François Tagnard, de la franc-maçonnerie à la Trappe après une vision de sainte Thérèse

Therese of Lisieux at 15 years old.
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La rédaction d'Aleteia - publié le 30/09/25
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Camille Burette, archiviste du Carmel de Lisieux, a publié le tome 2 de "Pluie de roses" où elle relate de nombreux miracles liés à l'intercession de sainte Thérèse que l'Eglise fête ce 1er octobre. Parmi eux, l'histoire de François Tagnard, qui attribue sa conversion radicale dans les années 1930 à la jeune carmélite normande. BONNES FEUILLES.

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En novembre 1930, dans le sud de la France, François Tagnard s’est éloigné depuis plus de douze ans de la religion catholique dans laquelle il avait été élevé, et est franc-maçon depuis sept ans. Il ne fréquente plus les églises et fuit les prêtres « comme des gens dangereux ». Excommunié, il est désormais "pris par le monde et par son impiété, par l’amour de l’argent et par la chair [et vit] hélas, bien loin de Dieu, guidé et mené par le démon à [sa] perte éternelle". À la suite d’excès de toutes sortes, François est amené à se soigner dans une maison de santé qui abrite une chapelle et des religieuses. Au début, il ne suit aucun office, puisque cela va à l’encontre de ses principes. Mais, trouvant le temps long, et un infirmier lui ayant assuré qu’on chantait agréablement à la chapelle, il décide d’aller à la messe de temps à autre, juste pour écouter la musique.

Après la messe, il prend l’habitude de rendre visite à l’aumônier, un "saint et charitable prêtre", dans la sacristie, afin de discuter. Il éprouve le besoin de parler de religion, mais refuse de "se soumettre". Un matin, en sortant de la sacristie, il passe comme chaque fois devant une petite loggia donnant sur le chœur. "Une jeune fille admirablement belle s’y tient agenouillée, un voile noir sur la tête qui est légèrement rejetée en arrière. Ses yeux brillants et d’une profondeur inconnue regardent en haut." En passant devant elle, leurs regards se croisent. François est "remué d’une façon curieuse et inexplicable".

Le lendemain matin, il va trouver l’aumônier à qui il raconte sa rencontre. Il conclut sur le ton de la plaisanterie:
– Par pitié pour les malades, on ne devrait pas leur laisser rencontrer des physionomies aussi prenantes.
– Que dites-vous? Depuis déjà bien longtemps, il n’y a qu’une vieille femme de plus de soixante ans qui assiste à la messe en semaine. Elle a son chapeau enfoncé sur ses yeux et je suis absolument certain qu’elle était seule hier dans la loggia. Vous avez rêvé.
– Je suis certain moi aussi de ce que j’avance, vous n’allez pas m’apprendre à distinguer une jeune fille admirablement belle d’une vieille femme de soixante ans!

"Mais la voilà, ma jeune fille!"

Dans l’après-midi qui suit, François rend visite pour la première fois à un prêtre qui se soigne également dans la maison de santé, et qui occupe la chambre voisine de la sienne. Un grand tableau est placé au-dessus du lit de l’homme d’Église. Il représente une "religieuse idéalement pure tenant dans ses bras un crucifix qu’elle entoure de roses". Il reconnaît la jeune fille de la loggia et, dans une exclamation de joie, il ne peut s’empêcher de dire: "Mais la voilà, ma jeune fille!" C’était la première fois qu’il voyait un portrait de sainte Thérèse, qu’il ne connaissait pas. Après cette révélation, il commence à prier, et l’aumônier lui remet un Évangile qu’il se met à méditer, chose qu’il n’avait plus faite depuis dix-sept ans. Quelque temps après sa conversion, alors qu’il prie sa "chère petite sainte", il comprend pourquoi Thérèse regardait en haut lorsqu’elle lui est apparue dans la loggia: "Elle voulait me montrer d’une façon précise que je ne devais plus m’attacher en rien aux choses de la terre, mais au contraire ne plus penser qu’à celles de Dieu, et que là seulement étaient le vrai bonheur et la vraie joie."

À cette époque, François est un homme marié. Il vit de très grandes épreuves de famille et de fortune: sa femme le quitte et il se retrouve presque totalement ruiné. Il sent malgré tout que "ces épreuves sont nécessaires à [sa] purification et que [sa] chère petite sainte [lui] obtient les grâces nécessaires pour accepter de tout [son] cœur que la volonté de Dieu se fasse et non la [sienne]". Lorsqu’une fois guéri, il sort de la maison de santé, la première chose qu’il fait est d’acheter Histoire d’une âme. À sa lecture, il pleure bien souvent de joie et de tendresse. Au début de 1931, un père mariste lève son excommunication. François décide alors de se consacrer entièrement aux œuvres de Dieu. Mais pendant les huit ou neuf mois qui suivent sa conversion, "l’homme charnel [qu’il] avait été se trouble encore et [il] retombe dans le péché grave". Les différents confesseurs à qui il se confie ne parviennent pas à l’aider et lui conseillent seulement de lutter et de résister à la tentation.

Trappe d'Aiguebelle

C’est en relisant l’Histoire d’une âme qu’il parvient à comprendre comment y parvenir: en se mettant à l’école de la petite voie d’enfance spirituelle de Thérèse, et en ne cherchant pas à lutter avec ses propres forces, mais en mettant toute sa confiance dans le Seigneur qui est, "par sa Grâce [son] Casque et [sa] Cuirasse". En 1933, François se rend à Lisieux et rencontre mère Agnès de Jésus qui lui déclare: "Laissez faire ma sainte petite sœur, elle saura bien vous mener où elle veut, vous êtes son protégé." Devenu un "chrétien modèle" selon les dires d’un ami chanoine, "il s’est dépouillé de tous ses biens et vit pauvre au service des vieux prêtres" dans une maison de retraite pour prêtres de la région de Toulon. François exprime le désir de devenir prêtre pour prêcher "la petite voie de confiance éperdue dans l’amour miséricordieux du bon Dieu", mais sa situation familiale ne le lui permet pas. Il cherche alors à entrer dans un ordre religieux comme frère convers, soit dans une Trappe, soit dans un ordre missionnaire. En août 1934, il rejoint la Trappe Notre-Dame d’Aiguebelle. Il comprend alors que c’est là que Thérèse voulait le mener: "Je le vois maintenant, elle me voulait dans la vie religieuse, revêtu du saint habit de bure, et acquérant par mes vœux un trésor dans le Ciel. Je ne pourrai jamais assez lui prouver ma reconnaissance."

Devenu frère convers, il obtient régulièrement des faveurs de la part de Thérèse: "Il m’arrive fréquemment dans un de mes emplois d’avoir des travaux mécaniques assez difficiles pour moi qui suis très maladroit, je n’y arrive que lorsque je lui ai demandé de m’aider. […] Si par hasard, j’agis seul, et veux faire l’indépendant, sans lui avoir demandé de m’aider, je suis certain de me tromper ou de faire une maladresse. J’oublie ce que j’ai à faire, mais après, elle me montre très simplement."

Pratique

Pluie de roses, tome 2, Camille Burette, Editions de l'Emmanuel, septembre 2025, 19 euros.
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