Campagne de Carême 2026
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Aussi modeste soit-elle, la cuisine a toujours été un lieu où la foi et la vie quotidienne se rencontrent. Préparer un repas peut être un acte de service, d'hospitalité, voire de prière. Certains saints sont même connus non seulement pour leur sainteté, mais aussi pour leur talent culinaire, eux qui arrivaient à transformer des repas ordinaires en moments de grâce. Voici trois saints qui vont vous inspirer pendant que vous laissez mijoter.
1SAINTE MARTHE: servir avec amour

Dans les Évangiles, Marthe de Béthanie est décrite comme s'affairant à servir tandis que sa sœur Marie écoute Jésus (Luc 10, 38-42). On se souvient parfois injustement d'elle uniquement pour son inquiétude, mais la tradition l'honore comme une femme de charité pratique. Marthe cuisinait non seulement pour sa famille, mais aussi pour le Christ lui-même, le servant avec le meilleur de ce qu'elle avait. Le Catéchisme nous rappelle ainsi que "la prière et la vie chrétienne sont inséparables" (CEC 2745), et Marthe nous montre que même le travail de préparation d'un repas peut être une prière en action.
2Saint Laurent : un cuisinier plein d'humour

Laurent, diacre à Rome au IIIe siècle, est célèbre pour sa charité : il prenait soin des pauvres et les présentait comme les véritables trésors de l'Église. Il est également le saint patron des cuisiniers et des chefs. Ce lien vient de son martyre : la tradition raconte qu'il fut rôti sur un gril et qu'avec un courage remarquable, il lança à ses bourreaux : "Retournez-moi, je suis cuit de ce côté". C’est pourquoi il est devenu l’intercesseur très apprécié de ceux qui travaillent dans les cuisines et devant les fourneaux. Si l'on se souvient de son humour, son héritage plus profond réside dans le fait d'avoir nourri les affamés et d'avoir nourri la foi des autres.
3Sainte Hildegarde de Bingen : l'alimentation comme remède

Au XIIe siècle, l'abbesse bénédictine Hildegarde de Bingen a beaucoup écrit sur les propriétés curatives des aliments. Pour elle, cuisiner n'était pas seulement une question de subsistance, mais aussi de prendre soin à la fois du corps et de l'âme. Elle recommandait le pain d'épeautre, les herbes et même les biscuits à la noix de muscade, à la cannelle et au clou de girofle pour fortifier l'esprit. Les boulangers modernes reprennent parfois ses recettes, et ses idées anticipent l'intérêt actuel pour la nutrition holistique. Hildegarde nous montre comment la nourriture peut être un don de la création, destiné à être reçu avec gratitude et partagé avec sagesse.
La cuisine comme acte de foi
L'exemple de ces trois saints rappelle que la sainteté n'est pas réservée aux chapelles et aux cloîtres. Elle peut naître dans la vapeur d'une marmite ou dans le crépitement du pain dans le four. Qu'il s'agisse de nourrir directement le Christ, de servir les pauvres ou d'étudier le pouvoir curatif des aliments, chaque saint révèle que la cuisine est plus qu'une corvée : c'est un ministère de soins, de communauté et de joie. Ainsi lorsque nous cuisinons pour les autres, nous faisons écho aux témoignages de ces saints. Un simple repas partagé avec la famille, des amis ou un inconnu peut transmettre la chaleur de l'amour de Dieu. Et comme le disait sainte Hildegarde, la cuisine elle-même peut être un lieu de viriditas, son mot pour désigner le pouvoir verdoyant et vivifiant de Dieu. Alors tous en cuisine !









