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Comme sa béatification et sa canonisation récentes, sa proclamation comme 38e Docteur de l’Église focalise les projecteurs de l’actualité sur celui dont bien des papes, de son vivant et depuis, ont souligné l’importance. Ainsi Paul VI pour lequel John Henry Newman a tracé "un itinéraire, le plus pénible, mais aussi le plus grand, le plus significatif, le plus concluant, que la pensée humaine ait jamais parcouru au cours du siècle dernier, voire de l’époque moderne". Mais bien des aspects de ce grand homme restent à mettre en lumière. Ainsi, son humilité.
"Je ne suis pas un théologien"
Celui qui a été qualifié de "Père invisible" de Vatican II par Jean Guitton, et dont les travaux ont nourri les avancées théologiques de ce concile répétait : "Je ne suis pas un théologien." En 1868, il précisait : "Un théologien est quelqu’un qui maîtrise la théologie, qui peut dire combien d’opinions il y a sur chaque point, quels auteurs ont pris quelle position, et laquelle est la meilleure…, qui peut retracer l’histoire des doctrines dans les siècles successifs, et appliquer les principes d’autrefois aux conditions d’aujourd’hui. C’est cela être théologien, et cent autres choses encore, ce que je ne suis pas et ne serai jamais." Tout au plus, spécifie-t-il trois ans plus tard : "C’est quelque chose d’avoir initié un problème et d’avoir en partie cartographié un pays, même si je n’ai rien fait de plus."
Celui qui achève sa magistrale Grammaire de l’Assentiment qui balaie les champs théologiques et philosophiques (l’ouvrage qui a le plus accompagné les dernières années de Ludwig Wittgenstein, le philosophe le plus influent avec Martin Heidegger du XXe siècle), demande à un obscur enseignant de séminaire de le corriger car, lui écrit-il, "je suis profondément conscient de ma propre ignorance en ce domaine, et je m’étonne parfois d’avoir osé écrire sur un sujet qui y est lié, même accidentellement".
"Je demande simplement à servir"
Celui qui sait qu’il a une mission mais, précisait-il, comme "tout être vivant, noble ou de condition modeste, instruit ou ignorant, jeune ou vieux, homme ou femme" — dont "la mission particulière confiée à lui par Dieu, fait en sorte qu’il appartient à tous les temps, à tous les lieux et à tous les peuples", se contente d’écrire sur celle-ci : "Je ne demande pas à voir, je ne demande pas à savoir, je demande simplement à servir."
Il en va de même pour le maître et guide spirituel. Celui qu’on a qualifié de "grand convertisseur" est soucieux jusqu’au scrupule de la liberté de ceux qui s’adressent à lui pour les aider. Soucieux de leur liberté, il ne force rien, même si cela lui vaut parfois le soupçon indu de décourager l’entrée dans l’Église catholique, et il demande à ses frères oratoriens un apostolat non de chasseur (cherchant les trophées) mais de pêcheur à la ligne.
"Tire-moi, avec ta grâce, de ma paresse"
Celui qui donne une telle place à la vie de prière qu’il en fait le "devoir et privilège" du chrétien — et pour la prière d’intercession, la responsabilité dont il aura à rendre compte devant Dieu — juge ainsi la sienne dans ses Méditations sur la Doctrine chrétienne :
Mon Dieu, que je suis loin d'agir en conformité avec mes pensées ! Je le confesse, mon cœur court après les ombres. Je préfère n'importe quoi à m'entretenir avec toi. Je suis toujours pressé de m'éloigner de toi. J'ai souvent bien du mal même à dire mes prières. Tout amusement, ou presque, m'est bon qui me distrait de toi. Ô mon Père ! fais-moi, veux-tu, rougir de ma propre répugnance. Tire-moi, avec ta grâce, de ma paresse et de ma froideur, et fais-moi te désirer de tout mon cœur. Apprends-moi à aimer la méditation, la lecture des textes sacrés et la prière. Apprends-moi à aimer ce qui occupera mon esprit pendant toute l’éternité !
Un prêtre de mes amis, à la lecture de ce texte, me dira : "Un des plus réconfortants que j’ai lu depuis longtemps !"
"Je n’ai rien d’un saint"
Recevant une lettre le qualifiant de saint, Newman réagit aussitôt :
En ce qui me concerne je n’ai rien d’un saint, comme chacun le sait, et c’est une sévère (et salutaire) mortification que d’en être estimé proche… Je n’ai aucune inclination à être un saint — c’est triste à dire. Les saints ne sont pas des hommes de lettres, ils n’aiment pas les classiques, ils n’écrivent pas des romans. Je peux être bien dans ma voie, mais ce n’est pas le “niveau supérieur”. Les gens devraient le sentir, la plupart le sentent. Mais ceux qui sont au loin ont des idées fantaisistes à ce sujet. Il me suffit de cirer les chaussures des saints — si tant est que saint Philippe se sert de cirage au ciel.
Pour lui, son espérance c’était le Purgatoire, elle lui a fait écrire Le Songe de Gérontius, cette extraordinaire Odyssée du passage de la mort du croyant. Toutefois, l’Église en a décidé autrement.
Pratique :











