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L’art de l’amitié selon John Henry Newman

Peut-on parler de sa vie de couple à ses amis ?

Si l’amitié est une valeur essentielle et importante dans un épanouissement personnel, le couple doit garder la première place s’il veut être préservé.

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Arnaud Mansuy - publié le 28/09/25
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La sainteté de John Henry Newman est marquée par de profondes amitiés. Ancien président de l’association francophone des Amis de Newman, prêtre de l’Oratoire de saint Philippe Néri, le père Arnaud Mansuy montre comment cet ami de Dieu vivait son amitié avec ses contemporains, mais aussi ses maîtres, dans la proximité, la connaissance, le respect et l’écoute en vérité.

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Le cardinal Newman peut apparaître au premier abord comme un intellectuel enfermé dans sa bibliothèque, et cette impression se confirme au contact de ses ouvrages, dont certains sont d’une complexité nécessitant un effort soutenu au lecteur pour suivre sa pensée. Mais au-delà de ce regard trop rapide, la sainteté de John Henry Newman est marquée par une caractéristique incarnée : l’amitié. La devise choisie lorsque Léon XIII le crée cardinal en témoigne : Cor ad cor loquitur, le cœur parle au cœur, définition magnifique de la véritable amitié, qu’elle soit avec le Christ ou avec le prochain. Tant dans les collèges d’Oxford où il fut étudiant puis tutor et fellow, que plus tard dans la vie communautaire de l’Oratoire, Newman a vécu de grandes et profondes amitiés, sa volumineuse correspondance en témoigne et en donne les différentes colorations ou tonalités. 

L’amitié au-delà des siècles 

Être disciple du Christ ne signifie aucunement rompre les relations humaines qui nous entourent, Newman en est un parfait exemple. Newman donnait comme modèle l’Apôtre des Nations qui, tout en vivant une profonde union intérieure avec le Christ, était habité par un amour sincère et compatissant pour les gens, manifestait une subtile tendresse pour ses amis, ayant soif de les voir, souffrant avec eux, étant peiné par l’infidélité de certains d’entre eux. « En un mot, celui qui est un prêcheur spécial de la Grâce divine est aussi l’ami privilégié et intime de la nature humaine. Celui qui nous révèle le mystère des Desseins souverains de Dieu montre, dans le même temps, l’intérêt le plus tendre pour les âmes des individus » (Sermons Catholiques, « Le don de sympathie de saint Paul »). Derrière le portrait qu’il dresse de saint Paul, nous pouvons penser que Newman reconnaissait sa propre expérience. 

Newman a toujours exprimé une profonde amitié et reconnaissance envers ses maîtres.

Une dimension importante de l’amitié chez Newman concerne le temps. Elle s’inscrit naturellement dans le présent, la fidélité et dans la durée. Mais l’amitié embrasse également les deux autres dimensions du temps que sont le passé et le futur. Newman a toujours exprimé une profonde amitié et reconnaissance envers ses maîtres, ceux qui ont marqué son apprentissage et permis sa maturité humaine et intellectuelle. Newman connaissait des amitiés au-delà des siècles : les Pères de l’Église et les grands théologiens du passé étaient pour lui de véritables amis qu’il rencontrait assidûment dans leurs écrits. L’amitié est tournée également vers le futur, dans la vertu d’espérance, de retrouver les liens tissés durant notre pèlerinage sur la terre, dans la patrie du Ciel ainsi que l’évoque la finale de sa prière Lead, Kindly Light — « Conduis-moi, douce Lumière » : « Et qu’avec le matin me sourient ces visages d’anges / Que j’ai toujours aimés, et qu’un temps j’avais perdu. »

Des gestes concrets et du respect

Pour lui, l’amitié ne peut être théorique et générale, mais se manifeste dans l’accomplissement d’actes concrets. D’expérience, il soulignait que vivre chaque jour en compagnie des autres exige des actes de renoncement à soi, et ce sont ces actes qui rendent l’amour fort et persévérant. L’amitié demande d’être proche des personnes, de les connaître avec le cœur, de les accueillir et les écouter en vérité ; dans une lettre à son ami John Keble, Newman écrit : « Le premier devoir de la charité, c’est d’essayer de pénétrer l’âme et les sentiments des autres. » Et elle demande également de garder la juste distance, car pour Newman l’amitié doit être imprégnée de respect et de déférence : « Personne n’aime authentiquement une autre personne sans éprouver un certain respect à son égard. […] C’est un respect mutuel qui rend l’amitié durable » (Sermons paroissiaux, « La maturité du chrétien »). 

Devenu catholique, Newman voulut se placer sous le patronage de saint Philippe Néri, fondateur de l’Oratoire, qui est célébré comme l’apôtre de la joie. Newman était marqué par le mode d’apostolat de ce saint, qui dans la Rome du XVIe siècle, ne cherchait pas à convertir des foules, mais attirait au Christ par le contact interpersonnel. Toute la vie de Newman a été comme imprégnée de ce rapport aux autres, qui place la personne au centre, et cela fait partie intégrante de l’héritage qu’il laisse à l’Église.

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