Campagne de Carême 2026
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Chaque réseau social a sa promesse. LinkedIn promet la réussite professionnelle et d’avoir sa propre success story. Instagram diffuse l’idée d’une vie belle et parfaite. YouTube veut éduquer, divertir et propose d’explorer sa créativité de manière illimitée. TikTok promet de devenir un influenceur viral et instantanément connu… Etc. Chaque problématique de la vie est couverte par un réseau social. Une surabondance de défis et de propositions qui peut étouffer. "J’étais au chômage, je voulais soit trouver un travail, soit au moins avoir de nouveaux projets, reprendre confiance en moi et me mettre en mouvement et je me suis retrouvée paralysée", confie Léa.
Les réseaux sociaux font croire qu’il est possible d’accéder aux rêves promis, à condition de respecter certaines conditions, comme la fréquence de publications. Le chantage est inclus dans le fonctionnement. En tension entre cette promesse non réalisée et cette condition imposée, la culpabilité apparaît. Car l’envie de faire mieux, de faire plus, d’aller plus loin s’impose. C’est dans cet engrenage que la confiance en soi chute, que le sentiment d’inaccomplissement peut arriver avec une forme de vide intérieur.
La surabondance crée la précarité
"Dans un monde hyperconnecté marqué par une surcharge mentale, une précarité existentielle qui provoque une difficulté à se projeter dans l’avenir, les jeunes peuvent devenir des spectateurs d’eux-mêmes, fragmentés, en quête de sens", affirme Philippe Paré, directeur diocésain. Les réseaux sociaux sont le miroir de toutes les réussites du monde, des gens les plus beaux et les plus géniaux en quelques centimètres carrés d’écran. La surabondance d’histoires exclut l’individualité de chacun et c’est terrible ! Parce qu’en face il y a une seule petite individualité capable de multiples choses mais qui se prend sans cesse un torrent d’informations en pleine figure et qui se croit alors inapte au changement. Dans cette omniprésence des réseaux, le risque est de devenir absent à soi-même, aux autres et à Dieu.
Les yeux rivés sur les réussites des autres, une implacable question douloureuse s’impose à l’esprit : pourquoi eux et pas moi ? Quel est mon problème ? Les questions restent en surface et tourbillonnent, créant finalement de la distance avec le cœur, centre de la personne. Un état qui empêche de prendre des décisions, qui accapare intérieurement. C’est exactement comme si nous désirions nous exprimer sur une idée brillante, mais que chaque seconde une personne nous coupait la parole.
Une question à se poser
Une question toute simple à se poser : qu’est-ce qui compte le plus pour moi ? Est-ce que la consultation des réseaux sociaux m’y conduit ? Si nous sommes dans cet état un peu bancal, à la limite de l’addiction ou complètement dedans, diminuer les réseaux sociaux va générer de belles choses. Cela prendra peut-être un peu de temps, mais les signaux positifs ne vont pas tarder à arriver. L’espace va s’ouvrir et va laisser la place au mouvement, les décisions seront prises plus facilement, l’impatience du temps qui passe et des projets « qui n’avancent pas » s’effacera petit à petit, la créativité sera plus accessible et facile, la vie intérieure sera vraiment intérieure, l’énergie sera renouvelée, la peur sociale sera diminuée, la joie sera plus intense et durable. La certitude intérieure, l’intuition et la clairvoyance auront de la place pour exister. L’essai sera possible et ne devra pas immédiatement se transformer en réussite. Le temps fera son œuvre tranquillement. Avancer pas à pas ne sera plus source de condamnation : puisque les comparaisons ne seront plus quotidiennes.
Il est possible de ressentir tout cela, de sentir plus encore ou moins également. Peu importe, chacun a son chemin et ses sensations qui lui sont propres, il est simplement important de s’écouter et de faire preuve de patience. Rappelons-nous ces belles paroles d’Éloi Leclerc dans Rencontres d’immensités : "Quel est le secret de cet être pensant voué à l’infinité et qui ne peut l’atteindre qu’en renonçant à la posséder ?".









