Une ONG nicaraguayenne vient de diffuser un rapport inquiétant mettant en lumière la dérive antichrétienne au Nicaragua. Ce sont ainsi plus de 261 responsables religieux, dont quatre évêques et 140 prêtres, qui ont été expulsés du pays depuis 2018.
Le rapport de l'ONG de défense des droits de l'homme Colectivo Nicaragua Nunca Más vient d’être diffusé lors d’un colloque sur la "non-liberté religieuse à Cuba et au Nicaragua", qui s’est tenu en Floride (USA) le 3 septembre dernier. Selon ce rapport, pas moins de 261 responsables religieux ont été expulsés du Nicaragua entre 2018 et 2025, sur ordre du gouvernement du président Daniel Ortega. Ce document, intitulé "Faith Under Fire", détaille ainsi une série de mesures répressives qui ont été prises ces dernières années à l'encontre de l'Église catholique et d'autres confessions religieuses dans le pays.
Quatre évêques expulsés
La liste des personnes expulsées comprend ainsi des personnalités de haut rang telles que le président de la Conférence épiscopale, Mgr Carlos Enrique Herrera Gutiérrez, ainsi que les évêques Silvio José Báez Ortega, Rolando José Álvarez Lagos et Isidoro del Carmen Mora Ortega. Le rapport mentionne également l'expulsion du nonce apostolique, Mgr Waldemar Stanisław Sommertag, en mars 2022. Ainsi, sur les neuf évêques du Nicaragua, quatre vivent désormais à l'étranger. Concernant les autres religieux expulsés du pays, on compte près de 140 prêtres, plus de 90 religieuses, une dizaine de séminaristes et trois diacres.
Soutenez Aleteia
Le rapport de l’ONG révèle également que les actions du gouvernement ne se limitent pas à l'expulsion de personnes. Entre 2018 et 2025, le Nicaragua a enregistré la fermeture de 5.609 organisations à but non lucratif, dont 1.294 étaient religieuses. La répression a également touché la presse et ce sont ainsi cinquante-quatre médias qui ont été fermés, dont 22 religieux, parmi lesquels des chaînes de télévision et des stations de radio chrétiennes. Ces mesures ont également touché les leaders évangéliques et les pasteurs.
Censure et fermeture d'institutions
Le régime nicaraguayen expatrie ses opposants, les dépouille de leur nationalité et les oblige à voyager dans le monde entier, souvent en tant qu'expatriés et pas seulement en tant qu'exilés. En outre, les biens de ces individus ainsi que de ces institutions ont été confisqués. En 2023, l'Universidad Centroamericana (UCA), dirigée par des jésuites et comptant plus de 9.000 étudiants, a été expropriée. Le gouvernement a confisqué à la Compagnie de Jésus tous les biens, les ressources et les actifs de l'Université.
Dans ce pays pourtant majoritairement chrétien, "l'Église est un caillou dans la chaussure" de Daniel Ortega, déclarait en janvier 2024 à Aleteia, l’avocate exilée Martha Patricia Molina. Le président Daniel Ortega et sa femme Rosario Murillo, issus du mouvement sandiniste, ont lancé depuis 2018 une surenchère autoritaire, effaçant progressivement toute liberté de culte. En janvier 2025, un rapport du Centre européen pour le droit et la justice épinglait cette répression, alertant sur une stratégie gouvernementale cherchant à "éradiquer l’influence spirituelle des Églises chrétiennes au profit d’une idéologie politique prônant le culte du régime sandiniste".












