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Démissionner, est-ce un échec ?

5 min de lecture
Démissionner, est-ce un échec ?

Crédit : Shutterstock

Quitter son poste est parfois perçu comme un signe de faiblesse ou de défaite, mais est-ce vraiment le cas ? Démissionner peut aussi être une étape nécessaire pour évoluer et mieux déployer ses talents ailleurs. 

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La France compte 445.800 démissions de CDI au premier trimestre 2025, soit +0,8 % sur un trimestre, selon la Darès. Si pour certains démissionner ne pose aucun problème, pour d’autres il s’agit d’un véritable échec. "Si je démissionne maintenant, cela voudra dire que je suis un manager incompétent qui n’a pas su mener ses équipes ni ses missions à bien", estime Paul, 30 ans. Pour d’autres, comme Jacques, c’est "un luxe" qu’ils ne s'imaginent pas s’offrir car ils ont des responsabilités, une famille à nourrir. Pourtant, cette vision est souvent réductrice car dans de nombreux cas, la démission est salvatrice, voire même, un tremplin pour une évolution professionnelle. 

Quitter pour mieux déployer ses talents ailleurs

"D’une façon générale, je préfère parler d’épreuve que d’échec. C’est difficile de quitter un emploi où on a passé des années, appris des choses, noué des liens. La démission est un moment normal d’une vie professionnelle, si ce n’est pas quelque chose de récurrent", explique à Aleteia Jacques de Scorraille, le fondateur du cabinet de recrutement Ecclesia RH, qui estime que "dans une vie professionnelle il est normal d’être amené à démissionner deux ou trois fois". 

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Si mes talents ne peuvent pas se déployer au sens de mon entreprise ou ne sont pas pris en compte, il est légitime de démissionner.

Dans cette optique, démissionner ne doit pas être vu comme un abandon, mais plutôt comme un acte conscient qui peut ouvrir la voie à de nouvelles opportunités. "La décision de démissionner rappelle parfois la parabole des talents. Si mes talents ne peuvent pas se déployer au sens de mon entreprise ou ne sont pas pris en compte, il est légitime de démissionner", estime Jacques de Scorraille. Rester dans une entreprise où on a fait le tour du poste où dont les missions sont en décalage avec ses valeurs risque de réduire la qualité de l’engagement. Démissionner dans ce cas peut aussi être une manière de mieux servir les autres. 

En revanche, Jacques de Scorraille précise qu’il est "moins légitime de démissionner s’il s’agit d’une fuite parce qu’on n’arrive pas à s’insérer dans le milieu professionnel". "Quand on est jeune, il est normal de changer deux à trois entreprises au cours des dix premières années de travail. En revanche, à partir de 35 ans, accumuler sept expériences sur son CV et changer d’entreprise tous les deux ans devient un signal d’alarme pour les recruteurs. Ceux-ci recherchent généralement une certaine stabilité chez les candidats, avec un minimum de quatre ans au même poste", ajoute-t-il. 

Accepter ses limites, une preuve d'humilité

"Si je pars maintenant, l’entreprise va couler. Je ne peux pas le faire", se lamente Sophie, cadre dans une entreprise parisienne. Très investie, voire trop, dans son travail, elle n’a pas vu le burn-out venir. "Je ne dormais pas, je pensais aux nombreux dossiers qui s’accumulaient, aux collègues qui ne faisaient pas assez bien leur travail à mon sens. Je sombrais sans m’en rendre compte. C’est mon médecin traitant qui m’a suggéré de consulter et de démissionner", se souvient la jeune femme qui a dû faire un long travail sur soi pour s’arrêter, prendre du recul et penser à préserver sa santé mentale.. Parfois, savoir dire "stop" est la meilleure une véritable preuve d'humilité. "On n’est pas marié avec l’entreprise où on travaille, on a un devoir de loyauté envers son employeur mais ce n’est pas un devoir de fidélité comme dans le mariage. On ne fait pas de vœux en entrant dans une entreprise, on signe un contrat de travail", note Jacques de Scorraille, qui précise qu’une démission est tout à fait légitime lorsque la situation au travail est toxique. 

Et lorsque la démission est actée, elle ouvre souvent la porte à un nouveau chapitre. "J’ai senti comme un poids qui est retombé lorsque j’ai signé ma rupture conventionnelle. Je suis plein de ressources pour retrouver un nouvel emploi, un poste qui me permettra de m'épanouir davantage", confie Cédric, 36 ans. Une décision qui lui a permis de se réinventer, d’explorer de nouvelles voies et de mieux déployer ses talents. Ainsi, plutôt que de voir la démission comme un échec, il convient de la considérer comme un acte de courage et d’espoir car c’est en s’autorisant à changer de direction que l’on peut réellement s’épanouir, progresser et mieux servir le monde.