"Il faut avoir au minimum 14 ans et pour vérifier, tu dois mettre ta carte d'identité (…) Moi, j'ai volé celle de ma mère, et après, j'ai dit : "Maman, fais une photo pour voir comment tu vas vieillir", et alors, c'était faux, en fait, c'était pour ça", raconte une jeune fille de 14 ans, expliquant comment elle a pu accéder à une plateforme en ligne en subtilisant la pièce d’identité et une photo de sa mère. Un témoignage recueilli par l’Arcom dans une vaste étude menée pendant un an auprès de 2.000 jeunes de 11 à 17 ans et 2.000 parents, et publiée le 25 septembre. Une étude très instructive, aussi bien à travers les chiffres collectés que les témoignages recueillis, sur la réalité de l’omniprésence des réseaux dans le quotidien des jeunes voire très jeunes enfants.
Un accès de plus en plus précoce
La principale alerte de l’autorité de l’audiovisuel et du numérique concerne l’utilisation des réseaux sociaux par des enfants qui ne sont pas censés y avoir accès. Malgré l’interdiction de les utiliser avant 13 ans, 62% des enfants de 11 ans s’y connectent tous les jours. L’âge moyen de la première utilisation est de 12 ans, voire de 11 ans pour les plateformes de vidéos en ligne. Mais ce qui inquiète, c’est l’usage de plus en plus précoce : 22% des enfants de 11 ans indiquent avoir utilisé pour la première fois les réseaux sociaux avant leur dixième anniversaire, quand cela ne concernait que 4% des jeunes âgés de 17 ans aujourd'hui. Une évolution sidérante en six ans seulement.
Les plateformes préférées des jeunes sont YouTube, Snapchat, TikTok et WhatsApp. En pratique, deux tiers des adolescents interrogés reconnaissent avoir menti sur leur âge pour pouvoir s’inscrire, ces plateformes étant censées être réservées aux plus de 13 ans. Et moins d’un adolescent sur cinq a dû prouver son âge pour s’inscrire, "preuve" étant un bien grand mot dans la mesure où les règles d’accès aux réseaux sont facilement contournables : sur Instagram, Snapchat et Facebook, il suffit de modifier son âge après un premier échec lors de l’inscription.
Tour de vis de l'Arcom
L’Arcom a haussé le ton face aux plateformes. Mise sous tension récemment par le rapport choc sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs et la mort en direct de Jean Pormanove sur Kick, l’autorité de l’audiovisuel et du numérique entend faire prendre aux plateformes leurs responsabilités. "Le statu quo n’est plus acceptable. Les plateformes doivent assumer leurs responsabilités légales et modifier, parfois en profondeur, la conception de leurs services à destination des mineurs", a déclaré le président de l’Arcom Martin Ajdari dans la foulée de la présentation de l’étude à la presse.
L’autorité française entend exiger des plateformes une "lutte plus efficace contre les stratégies de contournement, en améliorant notamment la détection des contrevenants et en les empêchant de récréer un compte". "Nous conduirons notre action de façon plus déterminée à un moment où les solutions de contrôle de l’âge se développent et se sophistiquent", détaille Martin Ajdari, qui reconnaît dépendre encore "du bon vouloir des plateformes". À la fin de l’année, les plateformes sont tenues de présenter à l’Arcom leurs projets de mise en conformité.






![[REPORTAGE] À la Sagrada Familia, Léon XIV choisit la porte des plus petits](https://wp.fr.aleteia.org/wp-content/uploads/sites/6/2026/06/pope-leo-xiv-holy-mass-basilica-sagrada-familia-jesus-christ-tower-barcelona-afp-000_B6NL6LY.jpg?resize=75,75&q=25)


