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"Souvent, les prêtres s'occupent de ceux qui vont mal. Mais, inversement, qui prend soin d'eux lorsqu'ils sont épuisés ?", questionne Olivier Lefrançois. Avec son épouse Hina, il a fait le constat il y a quelques années que de nombreux prêtres, religieux et religieuses, se retrouvent en situation de burn out, de dépression sévère ou d'épuisement, sans que de véritables solutions ne leur soient proposées. Une étude réalisée en 2020 par Icone Mediation Santé pour la Conférence des évêques de France conclut ainsi que près de deux prêtres sur dix en France, présentent des symptômes dépressifs.
Le couple entame alors une réflexion : comment aider les prêtres à préserver leur santé mentale et physique ? Après des discussions avec des évêques, des prêtres et des professionnels, tous deux se mettent d'accord sur le concept d'une maison d'accueil. La maison Barnabé naît en 2023, avec l'aide de Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Nîmes, qui leur donne l'autorisation d'utiliser le château de Vauvert. Située dans la belle Camargue, à quelques kilomètres de la mer, cette belle bâtisse du XVIIe siècle entre dès 2023 dans une première phase de travaux afin de l'aménager. La maison est ainsi appelée en référence à saint Barnabé, compagnon de saint Paul, dont le nom signifie "l’homme du réconfort" ou de la consolation. Le père Benoît Caulle, membre de l'institut Notre-Dame de Vie, est le prêtre référent de la maisonnée. Responsable de différents ministères dans le diocèse d'Avignon, le père Caulle a rencontré à de nombreuses reprises des prêtres en difficulté et est convaincu de l'urgence de cet accompagnement. "La plupart du temps, même lorsqu'ils présentent des symptômes de surmenage, ces prêtres sont confrontés à des barrières qu'ils s'imposent : "qui va s'occuper de la paroisse ?" "Si je pars, mon confrère aura plus de travail car il devra faire le mien en mon absence". Ces freins rendent difficile pour eux le fait de demander de l'aide et une prise en charge adaptée", note le père Caulle.
Nuit pour la mission
La première phase de travaux s'est achevée en juin avec la consécration de l'autel de la chapelle. La maison Barnabé a déjà accueilli dès Pâques 2024 un prêtre en grand besoin de soutien. La maison offre pour le moment une capacité de trois chambres, mais la deuxième phase de travaux devrait permettre d'en compter sept au total. Une fois accueilli, les prêtres et religieux mettent "en pause" leur activité afin de "prendre un temps de repos nécessaire à leur reconstruction", explique à Aleteia Olivier Lefrançois. À leur arrivée, un psychologue et un prêtre évaluent ses besoins au cours d'un entretien qui permet de déterminer un parcours d'accompagnement précis et personnalisé. Tout au long de son séjour, une prise en charge psychologique et thérapeutique est effectuée entre les activités domestiques le matin, et les activités plus ludiques l'après-midi. "L'idée, c'est d'apaiser l'esprit et de renouer avec le corps. Cela se fait par le chant, le théâtre, la marqueterie, les arts créatifs, le sport...", développent Olivier et Hina. Les journées sont rythmées par la prière et la liturgie : laudes, messe, vêpres.

Place, désormais, à la deuxième phase de travaux qui doit donc permettre de créer au moins quatre chambres supplémentaires, un salon et une salle à manger. Pour mobiliser les fonds nécessaires à cette entreprise, la maison Barnabé participe à la Nuit pour la Mission, organisée le 25 septembre 2025. "Nous sommes un peu les 'outsiders' car nous ne sommes pas directement missionnaires. Disons que l'on prend soin de ceux qui sont les premiers missionnaires de l'Évangile ! L'important, c'est aussi de sensibiliser à cet enjeu de la fragilité des prêtres. Ils ne sont pas intouchables."










