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Olivier de Benoist : “Faire rire est un don”

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Anna Ashkova - publié le 23/09/25
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Avec son style incisif et son humour parfois provocateur, Olivier de Benoist ne cesse de faire rire son public depuis de nombreuses années. Pour Aleteia, il raconte son parcours, ses inspirations et sa vision de l’humour à l’ère moderne. Rencontre.

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Issu d'une famille de l'aristocratie belge, l'humoriste Olivier de Benoist s'est fait connaître du grand public lors de ses passages dans l'émission de Laurent Ruquier On n'demande qu'à en rire sur France 2 en 2010. Depuis, avec son humour affûté et provocateur, il ne cesse de dynamiter l’idéal du bonheur en famille. Le bonheur, c’est d’ailleurs, le thème de son nouveau spectacle, actuellement en tournée dans toute la France. Pour Aleteia, il revient sur son parcours, sa foi, sa vision de l’humour et bien sûr la famille. 

Aleteia : Vous avez fait des études de droit en vue de devenir juriste. Comment vous êtes-vous finalement retrouvé dans l’humour ?
Olivier de Benoist : Je suis issu d'une famille aristo qui fait plus des généraux que des humoristes. Donc c'est vrai
que mon parcours est improbable. Je viens de Reims. Quand je suis arrivé à Paris, j'ai rencontré un magicien, un peu comme à Poudlard. Il m’a appris la magie. En faisant du droit, je faisais parallèlement des spectacles pour gagner ma vie. Après cinq ans de droit, j’ai abandonné mes études. Mais j'étais effrayé à l'idée de faire une carrière de saltimbanque. J'avais l'impression que je finirais en haillons, sous un pont, en terre, dans une fosse commune, etc. J’avais une image des artistes qui était totalement tronquée parce que dans ma famille, il n'y en avait aucun.

Pensez-vous que faire rire est un don ?
Oui. C’est d’ailleurs amusant comme question. Je crois qu'on n'apprend pas à être drôle. Je suis issu d’une famille nombreuse. J’ai toujours été un mec marrant, j’aimais faire rire. Je pense que j'ai cette forme de sensibilité pour voir les choses un peu décalées. Donc oui, faire rire est un don. Et le bonheur absolu, c'est de savoir qu’aujourd'hui j'en ai fait un métier alors que rien ne me prédestinait à ça.

Et pourtant, votre humour est un peu féroce, cynique... À quel point peut-on aller loin dans l'humour ?
Mon baromètre, c'est que les gens rient de mes blagues et les aiment. Je ne fais pas de name dropping. Après, aller loin, c'est le public qui le dit. On sent bien quand on est allé trop loin et ça ne m'amuse pas particulièrement. Et puis, il faut que ça me fasse rire moi. Peut-on rire de tout ? Je réponds : évidemment oui. Il n'y a pas de limite parce que c’est quelqu’un qui met des limites. Mais une limite, par définition, c'est subjectif. Ai-je néanmoins envie de rire de tout parce que j'en ai le droit ? Non. Il y a des trucs qui ne me font pas rire et ce n’est pas parce que j'ai le droit que je vais y aller. Cela reste quand même malgré tout le public et ses rires qui donnent le la.

Sur scène, vous êtes provocateur, vous allez loin en parlant de vos enfants, de votre épouse, de votre belle-mère. Dans la vraie vie, quel père et époux êtes-vous ?
Je suis évidemment un père et époux formidable. Je préfère le dire moi-même, comme ça, je l’aurais entendu au moins une fois dans ma vie ! Je crois être un bon père, je suis très présent. Je suis marié depuis 20 ans, malheureusement, c'est une souffrance que je garde et que j'aurais encore longtemps [rire]. Quand je dis au début du spectacle "j’ai quatre enfants et je suis marié", les gens y croient et ils rient. Un jour, j'ai fait un sketch où je jouais le rôle d’un mec qui divorce. Ça n'a jamais fait rire. C’est parce que je suis marié que je peux faire autant rire avec ce sujet. 

Je pense que la famille est importante, c’est tout !


Vous tenez à la famille. Et la foi, quelle place occupe-t-elle dans votre vie ?
Pour moi, il y a deux types de foi : une foi professionnelle et une foi religieuse. Quand pendant dix ans, il n’y avait personne dans mes salles, j’y croyais. Et on m’a souvent demandé à Avignon : "Mais comment fais-tu ? Tu joues devant deux personnes, tu payes ta salle et il n’y a aucun signe extérieur qui te montre que tu vas réussir. Qu'est ce qui fait que tu continues ?" Et moi je disais : "Il faut tenir". C'est ça la foi dans le cadre de mon activité.  Après il y a la foi religieuse. Je suis catholique. J’ai été élevé dans un milieu catholique, j'ai fait ma scolarité chez les Jésuites. Ma foi est présente, elle m'apaise. C’est indicible à déterminer mais je sais qu’elle est là. 

Votre famille est attachée à Notre-Dame de La Salette. Pourriez-vous nous expliquer ce lien ? 
Ma grand-mère allait faire des pèlerinages à Notre-Dame de la Salette et c'est une tradition qu'on a conservée dans la famille. On y va au mois d'août régulièrement passer deux jours à La Salette, marcher vers le sanctuaire, faire la descente aux flambeaux… C'est un endroit absolument merveilleux, c'est le décor naturel inouï ! Visuellement, c'est extraordinaire. Et puis il y a une ferveur. Les gens viennent du monde entier. C'est un endroit très touchant. J'ai un chapelet qui vient de là-bas. Je l'avais avant sur scène. J’avais même fait une blague en disant une fois que quand on est marié et que notre femme va faire les magasins avec notre carte bleue, on a toujours son chapelet et on prie.

Pratique

Le droit au bonheur, en tournée dans toute la France jusqu'au 27 novembre 2026.
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