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“Je suis Charlie”… Kirk

Erika i Charlie, styczeń 2025

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Xavier Patier - publié le 23/09/25
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Près de 65.000 personnes se sont rassemblées ce 21 septembre à Phoenix (Arizona) pour rendre hommage à Charlie Kirk, assassiné le 10 septembre. Au cours de l’événement, son épouse Érika a pardonné au meurtrier. En France, déplore l’écrivain Xavier Patier, il y a les bons et les mauvais Charlie.

Comment l’unanimité qui a suivi de l’attentat contre les journalistes de Charlie Hebdo en 2015 a-t-elle cédé la place, dix ans plus tard, à la division venimeuse qui s’installe dans l’opinion après l’assassinat de Charlie Kirk ? J’étais au nombre de ceux qui n'appréciaient pas le ton, la méthode et le contenu de Charlie Hebdo. Cet hebdomadaire créé à la suite de la revue HaraKiri se complaisait dans une rhétorique méprisante qui m’avait toujours fait horreur. Mais l’assassinat des journalistes a produit sur moi une horreur infiniment plus grande. Je n’étais pas d’accord pour considérer, comme le faisait le président François Hollande, que les rédacteurs de Charlie étaient « des héros ». Non, ils n’étaient pas des héros. Mais ils étaient des victimes et nous, Français, étions la famille des victimes. Ce n’était pas le moment de nous disputer. 

Czuwanie modlitewne, Glendale, Arizona 21.09.2025

Défendre le droit de parler

Je suis allé sans hésiter à la marche pour Charlie Hebdo organisée dans le chef-lieu de mon canton, en novembre 2015. J’y ai croisé le maire et son conseil municipal, le curé, les paroissiens, l’imam, des militants associatifs et une foule de personnes comme moi. Nous étions blessés et déterminés. Nous avons marché en silence pour défendre la liberté d’expression assassinée par des terroristes. Cela avait une certaine allure. Notre silence était la meilleure manière de défendre le droit de parler. Quand l’heure est grave, on ne fait pas de casuistique. Ce n’était pas que je fus fier de cette culture libertaire en fin de règne que nous portions en étendard, ni de la manière dont François Hollande incarnait une République qui, de plus en plus souvent, me faisait honte, mais il me semblait que ce n’était pas le moment de nourrir des états d’âme. J’étais Charlie. 

Par nature, coupable

Dix ans plus tard, un homme courageux, intransigeant dans le dialogue et ancré dans ses convictions, a été assassiné aux États-Unis. Il s’appelle Charlie, lui aussi. Mais cette fois, on me refuse le droit d’être Charlie. La gauche bien-pensante, qui avait été si prompte à défendre la liberté d’expression quand elle était au service de ses propres idées, me refuse le droit d’être Charlie au motif que Charlie Kirk ne pense pas comme il faudrait. Pensez donc : il est hostile à l’avortement et aux excès du wokisme, autrement dit il est fasciste et je le suis aussi si je m’avise de m’indigner de son assassinat. Mais le fascisme, c’est justement cela : accuser de crime ceux qui ne sont pas de votre avis. 

Rien ne ressemble davantage à la tromperie que l’approximation involontaire dont se servent certains éditorialistes étiquetés de progressistes dans cette affaire. Pour eux, la liberté d’expression n’a de sens que lorsqu’il s’agit de défendre la déconstruction de notre civilisation. Un réactionnaire, même assassiné, est par nature coupable. Si Charlie Kirk a suscité un crime, c’est qu’il l’a provoqué. Cet assassinat est une aubaine pour l’extrême droite, lit-on sur le blog de Médiapart : oui, des publicistes ont osé suggérer cela. Allons donc ! celui qui ose s’indigner d’un assassinat est désormais un extrémiste. 

En face de notre liberté de conscience

De qui se moque-t-on ? Nous avons de longue date, en France, une inhibition de la parole publique qui nous rend très rétifs à comprendre les usages américains, où l’on a coutume, pour le meilleur et pour le pire, de parler sans filtre. Et chaque année qui passe voit au pays de Voltaire la liberté d’expression se réduire comme une peau de chagrin. Mais tout de même ! Nous avions réussi, après l’attentat de Charlie Hebdo, à construire pour un instant l’unanimité nationale. La mort de Charlie Kirk, pour l’heure, ne fait qu’attiser nos divisions. Tout excessif que Charlie Kirk ait pu être, à terme, sa mort nous fera néanmoins grandir, car elle nous met en face de notre liberté de conscience. La vérité nous rendra libre.

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