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Lors du dernier Festival du film francophone d’Angoulême, un long-métrage a particulièrement fait parler de lui. Remportant le prix du public, celui du jury étudiants et celui du meilleur acteur, Muganga, réalisé par Marie-Hélène Roux et en salles le 24 septembre, s’est frayé une place importante dans l’esprit des spectateurs. Et pour cause, ce qui s’y raconte ne pourra que bouleverser celui qui s’y confronte. En République démocratique du Congo (RDC), les violences sexuelles sont devenues une arme de guerre. Elles créent la terreur, détruisent des vies et des villages. Au milieu de l’horreur, le docteur Denis Mukwege soigne, au péril de sa vie, des milliers de femmes victimes de ces violences. Sa rencontre avec Guy Cadière, chirurgien belge, va redonner un souffle à son engagement.
Vérité et vulnérabilité
Le long-métrage marque par sa recherche de vérité et par la confrontation à cette dernière. Le traitement des séquences de violence rapproche le spectateur d’une réalité qui nous est contemporaine. Il est d’ailleurs important de signaler au lecteur que certaines séquences de violences s’avèrent difficiles à regarder (en particulier celle qui ouvre le film) et certains récits difficiles à entendre. Les personnages féminins victimes de violences que nous découvrons tout au long du récit sont toutes interprétées avec une vulnérabilité remarquable. Détruites psychiquement ou habitées par un grand désir de reconstruction, elles font corps et célèbrent par leurs assemblées, leurs chants ou leurs danses l’âme que leurs agresseurs ne pourront jamais leur enlever.
L'hôpital de Panzi est bien plus qu’un établissement médical : il est un refuge. Le docteur Mukwege, interprété avec une grande justesse par Isaach de Bankolé, toujours dédié à ses patientes, constitue le pilier du récit. Il est celui qui tient bon, dans les épreuves et face aux menaces. Son abnégation éclaire le long-métrage, et les applaudissements ouvrant le film célèbrent celui qui prône la “rédemption par l’Amour”. Le personnage du docteur Cadière, incarné par un Vincent Macaigne plein de spontanéité et de fragilité, constitue un binôme singulier au docteur Mukwege. Différents dans leurs croyances et leurs caractères (notamment sur la question de l’avortement qui constitue l’une des scènes importantes du long-métrage), ils sont attachés au même désir de justice et de réparation.
La foi comme guide
La foi du personnage du docteur Mukwege est un point central du long-métrage, qui y fait de nombreuses références. De la simplicité d’un bénédicité au rassemblement dans la chapelle de l'hôpital, en passant par la statue de la Vierge Marie semblant veiller dans la nuit des violences, elle est identifiée comme la source d’eau vive du protagoniste. Fils de pasteur, le docteur reçut de lui cette devise devenue vocation : “Toujours répondre à la haine par l’amour”. Le film trouve ici son rayon de lumière au milieu des ténèbres.

Lorsque la vie est attaquée, il s’en fait le défenseur, considérant que chaque femme venant dans son hôpital est envoyée par Dieu. Ils sont rares les longs-métrages de fiction dans le paysage cinématographique français nous présentant des personnages à la foi brûlante, sans jamais y poser un regard de jugement. Muganga vient faire exception à cela. Le récit se conclut magnifiquement sur les vraies héroïnes, celles qui se battent, qui se reconstruisent, et qui n’ayant rien, donneront tout.
Pratique
En salles le 24 septembre.










