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Querelles de drapeaux

DRAPEAU-PALESTINIEN-SAINT-DENIS-AFP

Un drapeau palestinien flotte sur le fronton de la mairie de Saint-Denis, le 22 septembre 2025.

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Jean-Étienne Rime - publié le 22/09/25
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Le drapeau palestinien que personne ou presque ne connaissait voici deux ans est devenu un signe de contestation humanitaire ou identitaire aux dépens du sens du drapeau, symbole d’unité, de culture et d’identité d’une nation. Alors que certaines mairies souhaitent arborer les couleurs de la Palestine, notre chroniqueur Jean-Étienne Rime déplore un dévoiement de la symbolique du drapeau, dont on veut faire une source de tension et de division.

Depuis la nuit des temps, un signe d’unité a été brandi dans le ciel : le drapeau. Étendards, pavillons, oriflammes… unissaient les soldats, les pèlerins, les révolutionnaires, puis les supporters sportifs et tous les passionnés unis autour d’une même cause. Nos livres d’histoire sont illustrés par des images fortes et fédératrices : les bannières des croisés suivant Pierre l’Ermite, l’étendard de Jeanne d’Arc portant l’inscription Jésus et Marie, les drapeaux des vaincus décorant encore Notre-Dame des Victoires. Que de processions hier et aujourd’hui marchant bannières au vent sur les routes de Bretagne, de Chartres, les chemins des scouts, la célébration des rogations et des Fête-Dieu.

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Jeanne d'Arc.

Signe d’unité

Le monde chrétien ne fut pas le seul à posséder ses emblèmes, La Liberté guidant le peuple de Delacroix est un symbole de la république, Paris a pavoisé le jour de sa libération, en août 1944. On continue à agiter notre drapeau bleu, blanc et rouge dans les stades ou sur les routes du tour de France. Il recouvre le cercueil des morts pour la France, il flotte au fronton des mairies, bâtiments publics, ambassades. Il est le ralliement de tous les Français.

Le drapeau réunit, unit, il crée une appartenance commune à une cause, à une conviction, le drapeau est une fierté, celle de s’engager avec d’autres dans une communauté convaincue d’une identité souvent heureuse et positive. Le drapeau est signe d’accueil et les villes touristiques se font un honneur de dresser en haut des mâts les couleurs des pays qui les visitent. Lors des rencontres sportives internationales, les vainqueurs sont honorés par leur drapeau et leur hymne. On l’a compris, ce morceau de tissu constitue un signe fort et fier d’unité d’une communauté.

La haine des systèmes

Oui mais voilà, le drapeau est devenu signe de division avec les couleurs noire, verte, rouge et blanche du peuple de Palestine. Brandir aujourd’hui ce drapeau ne veut plus dire que l’on soutient le peuple de Gaza comme l’on a soutenu les Ukrainiens, il porte de nombreuses revendications : antisémitisme, causes écolo ou LGBT, haine du capitalisme, prosélytisme frériste, mondialisme etc. Il suffit de lire sur les réseaux sociaux les post des divers mouvements ou associations qui affichent ce drapeau pour se rendre compte qu’il ne réunit que des slogans et des messages souvent contradictoires, lancés contre une autre partie du monde. Le drapeau de la Palestine ne réunit personne, encore moins les Gazaouis pris en otages par le Hamas, il propage les idéologies minoritaires des "oppressés". En réalité, il fédère des "victimisés" incompatibles, dont le seul lien est celui des minorités qui aspirent aux révolutions par haine des systèmes.

Une injure à l’histoire

Militants de la division, les porteurs de ce symbole revendicatif vont très loin en déniant les valeurs de notre drapeau français : afficher le bleu, le blanc et le rouge devient pour certains le signe des "fachos", des "réacs" (je les cite). Ce délire est une injure à l’histoire, chacun le comprend.

La lecture de la situation politique n’est pas dans notre propos, cela mériterait de longs développements. Restons-en à cette question de couleurs, signe de tristes tensions qui affectent la France mais aussi de nombreux pays, tristes combats internes aux particularismes égoïstes quand on devrait pleurer pour les otages du Hamas, qu’ils soient juifs ou palestiniens pris dans l’étau de Gaza, pleurer cette inflation des armes qui n’engendre que tristesses et désolation…

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