Un sacrement est un signe visible qui communique une grâce invisible. Pour qu’il soit réellement efficace dans la vie de celui qui le reçoit, quatre éléments essentiels sont nécessaires. Souvent, le mot "sacrement" évoque un souvenir d’enfance : une célébration à l’église, un geste du prêtre, un signe sacré reçu dans la foi. Mais on ne pense pas toujours à ce qui constitue réellement un sacrement. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle que "toute la vie liturgique de l’Église gravite autour du sacrifice eucharistique et des sacrements". (CEC 1113)
Il y a sept sacrements : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence, l’onction des malades, l'ordre et le mariage. Institués par le Christ lui-même, ils sont destinés "à la sanctification des hommes, à l’édification du Corps du Christ et, en définitive, à rendre un culte à Dieu" (CEC 1123). Ce sont des signes efficaces de la grâce, confiés à l’Église, par lesquels Dieu dispense sa vie divine (cf. CEC 1131).
Pour qu’un sacrement soit valide, quatre éléments doivent toujours être présents.
1La matière
La matière est le signe sensible choisi par le Christ pour transmettre la grâce. Elle peut être un élément matériel (eau, pain, vin, huile) ou un geste significatif (imposition des mains, signe de croix, onction, immersion, consentement). Par ces réalités visibles, le Christ agit invisiblement.
2La forme
La forme est constituée par les paroles prononcées dans le rite. Inspirées de l’Écriture et enracinées dans la Tradition, elles ont été définies par le Magistère de l’Église. Par exemple, pour un baptême : "Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit."
3Le ministre
Le ministre est celui qui confère le sacrement au nom du Christ. Selon le sacrement, il peut s’agir du diacre, du prêtre ou de l’évêque :
- Baptême : le ministre ordinaire est le prêtre, le diacre ou l’évêque, mais en cas de nécessité, tout chrétien (et même une personne non baptisée, si elle a l’intention de faire ce que fait l’Église) peut baptiser validement.
- Confirmation : en règle générale, l’évêque, mais il peut déléguer à un prêtre.
- Pénitence et Onction des malades : prêtre ou évêque.
- Ordre : uniquement l’évêque, dont le Pape en sa qualité d'évêque de Rome.
- Mariage : dans le rite latin, les époux sont les ministres du sacrement, le prêtre ou le diacre n’est pas le ministre, mais le témoin qualifié de l’Église, qui reçoit leur consentement au nom de l’Église.
4L’intention
Le ministre doit avoir l’intention de faire ce que fait l’Église lorsqu’elle administre le sacrement, c’est-à-dire conférer la grâce propre au sacrement. Le document Gestis et verbisque de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, publié le 2 février 2024, aborde en profondeur la question de l'intention dans la validité des sacrements. Il précise que l'intention du ministre, avec la matière et la forme, contribue à faire de l'action sacramentelle un prolongement de l'œuvre salvifique du Christ :
"L'intention du ministre qui célèbre le Sacrement est liée à la matière et à la forme. Il est clair qu'ici le thème de l'intention doit être distingué de celui de la foi personnelle et de la condition morale du ministre, qui n'affectent pas la validité du don de la grâce.[34] Le ministre doit en effet avoir "l'intention de faire au moins ce que fait l'Église", [35] faisant de l'action sacramentelle un acte vraiment humain, dégagé de tout automatisme, et un acte pleinement ecclésial, dégagé de l'arbitraire d'un individu. En outre, puisque ce que fait l'Église n'est rien d'autre que ce que le Christ a institué, [36] l'intention aussi, avec la matière et la forme, contribue à faire de l'action sacramentelle un prolongement de l'œuvre salvifique du Seigneur."
Le document ajoute qu'à la différence de la matière et de la forme, qui représentent l'élément sensible et objectif du Sacrement, "l'intention du ministre – conjointement à la disposition du destinataire – en représente l'élément intérieur et subjectif." Mais il est possible de déterminer en partie si le ministre a bien l'intention de donner le sacrement car l'intention se manifeste extérieurement " à travers l'observance du rite établi par l'Église". Par conséquent, si des éléments essentiels du rite sont gravement altérés par le ministre, le doute est permis quant à son intention, "compromettant ainsi la validité du Sacrement célébré."









