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“Vivez l’espérance !” : quand saint Jean Paul II foulait le sol breton

Jean Paul II à Sainte Anne d'Auray.

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Cécile Séveirac - publié le 19/09/25
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Il y a 29 ans, Jean Paul II foulait le sol breton, une première pour un Pape. Le 20 septembre 1996, 150.000 fidèles s’étaient réunis à Sainte-Anne-d’Auray pour l'accueillir. Un moment historique, entre ferveur religieuse et identité bretonne.

C'est une rencontre que bien des Bretons ne sont pas près d'oublier. "Sur cette terre de Bretagne, connue pour sa solide tradition chrétienne, je suis heureux de vous saluer, pèlerins venus de toute la région apostolique de l’Ouest pour accueillir le Successeur de Pierre" : ces mots sont ceux du pape Jean Paul II au sanctuaire de Sainte-Anne d'Auray (Morbihan) dans le cadre de sa venue en France. Du 19 au 22 septembre 1996, il y a 25 ans, le Pape avait réalisé sa visite apostolique en quatre étapes : il s’était d'abord rendu à Saint-Laurent-sur-Sèvre et Sainte-Anne-d’Auray avant de se rendre sur Tours et Reims. Le 20 septembre devenait ainsi un moment historique pour la Bretagne, puisqu'aucun pape n'avait encore foulé le sol breton.

Avec Mgr Gourves.

Pour l'occasion, 150.000 fidèles se sont rassemblés au sanctuaire, haut lieu de pèlerinage breton. Jean Paul II est déjà très fatigué. La maladie et le poids des années ont commencé à laisser leur marque. Cela ne l'empêche pas de souligner, un brin espiègle, la présence du soleil radieux qui fait mentir le cliché d'une région trop souvent pluvieuse (il avait cependant plu des trombes d'eau la semaine précédant le voyage pontifical) : "Ce matin je ne pouvais pas imaginer, en quittant Tours, que je trouverais ici le soleil", dit le Pape dans son discours aux pèlerins avant de rendre grâce pour le ciel bleu.

Vos diocèses ont une longue tradition missionnaire. Ne la laissez pas s'éteindre. Tant d'hommes et de femmes attendent des témoins de la Lumière et de l'Espérance !"

Peu de temps avant de célébrer la messe en plein air, Jean Paul II avait fendu la foule dans sa papamobile, sous les acclamations et les Gwenn-ha-du brandis à bout de bras par les Bretons fiers d'accueillir leur Pape. Toute la rencontre, ainsi que la messe, met à l'honneur le folklore et les traditions bretonnes. Les costumes défilent, l’orgue est accompagné de la bombarde d’André le Meut, sonneur réputé du Morbihan, plusieurs chants traditionnels sont entonnés. Même la prière universelle est lue en breton; sans traduction française . Une grande procession de bannières précède le début de la messe comme on en connaît aux pardons bretons. Ces pèlerinages typiques de la Bretagne, célébrés en l'honneur d'un saint local, sont inscrits à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel de la France et rassemblent de nombreux fidèles, croyants et non-croyants pêle-mêle. Jean Paul II lui-même prononce quelques mots en breton, suscitant un engouement absolu de la foule. Il reprend les mots attribués à sainte Anne, mère de la Vierge, apparue sur les lieux et à qui les Bretons vouent une grande dévotion : “Mezo Anna, mamm Mari. An Aotrou Doue e fall dehon ma vein-me inouret aman” : “Je suis Anne, mère de Marie. Dieu veut que je sois honorée en ce lieu”.

Encouragements aux familles et à la mission

"Vivez l'espérance, mettez votre confiance en ce Dieu qui a fait alliance avec les hommes dans la personne de son Fils Jésus! Une représentation traditionnelle de sainte Anne nous la montre faisant lire la Bible à sa fille Marie", exhorte le Pape dans son homélie. S'adressant à tous les Bretons, le Pape se tourne aussi vers les familles lors d'un discours spécialement adressé aux jeunes couples et à leurs enfants, leur rappelant qu'ils sont "le sel de la terre". "L'Église vous fait confiance et compte sur vous, parents, tout spécialement dans la perspective du troisième millénaire, pour que les jeunes puissent connaître le Christ et le suivre généreusement. Par votre façon de vivre, vous témoignez de la beauté de la vocation au mariage", poursuit Jean Paul II. Il adresse aussi un mot à la jeunesse bretonne : "Chers amis les jeunes, n'ayez pas peur de répondre généreusement au Christ qui vous invite à vous mettre à sa suite! (...) Vos diocèses ont une longue tradition missionnaire. Ne la laissez pas s'éteindre. Tant d'hommes et de femmes attendent des témoins de la Lumière et de l'Espérance !"

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