L'eau du baptême mêlée au sang des victimes. Des hommes armés à moto ont attaqué le 15 septembre le village de Takoubatt, situé dans la région de Tillaberi à l'ouest du Niger, appelée aussi zone "des trois frontières", car proche du Burkina Faso et du Mali. Une région où les groupes djihadistes sont très nombreux et actifs. Confirmée par l'AFP mardi 16 septembre, l’attaque a eu lieu alors que se déroulait un baptême. Un habitant local a indiqué que 15 personnes avaient été abattues pendant le baptême, tandis que les sept autres ont été tuées à la périphérie du village. Le média local Elmaestro TV a confirmé un "bilan macabre de 22 personnes innocentes lâchement tuées sans raison ni fondement".
Le gouvernement nigérien a du mal à contenir les groupes terroristes à Tillaberi, malgré une forte présence militaire dans la région. Une vingtaine de soldats y avaient été tués la semaine dernière. L'organisation Human Rights Watch a exhorté les autorités nigériennes à "faire davantage pour protéger" les civils contre les attaques meurtrières, estimant que les groupes terroristes ont "sommairement exécuté" plus de 127 villageois dans cette région lors de cinq attaques depuis mars. Depuis octobre 2024, ce sont ainsi près de 1.800 personnes qui ont été tuées au Niger, dont la majorité dans cette région.
2% de chrétiens
Si ce pays de 22 millions d’habitants est presque exclusivement musulman, 2% de chrétiens y sont néanmoins recensés, essentiellement situés dans la région frontalière avec le Burkina Faso. Depuis son arrivée au pouvoir en 2023, la junte militaire a fait un déploiement massif de l’armée dans cette région, mais les violences attribuées aux djihadistes et qui visent indistinctement civils comme militaires, se poursuivent. Parallèlement, la junte souhaite limiter la présence des ONG qui, selon le ministre de l'Intérieur, le général Mohamed Toumba, mèneraient des "missions de subversion" à travers des "soutiens qu'elles apportent souvent aux terroristes". En février dernier, le régime militaire a ainsi chassé du pays le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui était présent au Niger depuis 35 ans.









