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Journées du patrimoine : et si vous alliez au bout du tunnel avec Pauline Jaricot ?

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Domitille Farret d'Astiès - publié le 18/09/25
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À Lyon, à l'occasion des Journées du patrimoine, les 20 et 21 septembre, la maison de Lorette propose une visite immersive du souterrain qui a abrité Pauline Jaricot au cours de la seconde révolte des canuts.

Rendez-vous immuable de la rentrée, les Journées du patrimoine rassembleront comme chaque année de nombreux Français les 20 et 21 septembre prochains. À Lyon, ville de naissance de Pauline Jaricot, une animation bien particulière se tiendra à la maison de Lorette, située sur la colline de Fourvière : les visiteurs seront invités à découvrir, via une visite virtuelle, le souterrain où la bienheureuse a passé cinq jours lors de la seconde révolte des canuts, en avril 1834. Revenons brièvement deux siècles en arrière : Lyon gronde. Ceux que l’on appelle les canuts, c’est-à-dire les artisans qui tissent la soie pour le compte des soyeux, se révoltent. En effet, certains patrons refusent d’appliquer le tarif minimum et leurs maigres revenus ne leur permettent qu’une vie de misère. Les forces de l’ordre interviennent, les coups de feu fusent, les canons tonnent : c'est l'insurrection.

C’est dans ce contexte de malaise social et de danger imminent, alors que les boulets pleuvent sur leur maison, que Pauline Jaricot décide de se mettre à l’abri du 9 au 14 avril 1834 avec ses "sœurs", dans le petit souterrain attenant à leur demeure, emportant avec elles le tabernacle du foyer. En effet, leur maison, située au cœur de la colline de Fourvière, est prise entre les feux des canuts en haut et ceux des forces de l’ordre en bas. "C’est un épisode de sa vie très peu connu", confie à Aleteia Jeanne Orlé, directrice du Centre de documentation et d’archives des OPM (Œuvres pontificales missionnaires). Sur place, l’espace est très réduit, en plus d’être propice à l’humidité : les femmes s’installent d’un côté et les hommes de l’autre. Ils sont nombreux puisqu’en plus de Pauline et des dix femmes qui résident avec elle à l’époque, on dénombre également deux domestiques, leur jardinier, un orphelin, un ancien frère de Saint-Jean de Dieu ainsi que le boucher et sa femme. C’est une "véritable expérience humaine et spirituelle" qui se joue là, poursuit Jeanne Orlé, d'autant plus que "quand Pauline Jaricot entre dans le souterrain, elle vient de faire une crise cardiaque et on pense qu’elle va mourir. On comprend mieux ce qui s'est passé avec les images et en voyant les lieux exigus".

Pourquoi se cacher ? Pour protéger ses "sœurs" qui lui avaient fait confiance, en embarquant au passage tous ceux qui se trouvaient là de façon circonstancielle. Elle tient un journal de bord qui permet de se rendre compte de ce que le groupe a vécu et de l’épreuve morale traversée par Pauline : "Le point du jour ramène les bombardements et tout ce que la guerre peut présenter de plus effrayant. Il serait difficile de rendre les angoisses qui inondent mon âme pendant toute la journée du jeudi", lit-on dans son récit des événements. Cet épisode permet à son âme de chrétienne ouvrière de se manifester, soutient Jeanne Orlé : "Elle prie pour que Lyon s’en sorte mais il n’y a jamais de prise à partie et on s‘aperçoit qu’elle est proche du peuple. Elle souhaite que cela ne se termine pas dans un bain de sang, donnant des détails pour que l’on comprenne ce qui se passe à Lyon à ce moment-là".

"On va la découvrir comme si on y était"

Pourquoi une visite virtuelle ? Parce qu’il était trop complexe d’organiser une visite réelle : en raison de certaines galeries basses et étroites, le lieu ne pouvait être ouvert au grand public dans son intégralité. Comment se passera-t-elle ? "C’est comme un jeu vidéo", explique à Aleteia Philippe Quattroccolo, modélisateur de la visite. Face à un écran et armé d’un clavier-souris, le visiteur pourra se déplacer à son gré dans la galerie. C’est donc une expérience immersive et inédite qui permettra à chacun de découvrir à son rythme les deux cents mètres de galerie au fil des différents coudes et intersections. "On va la découvrir comme si on y était", enchaîne Philippe Quattroccolo. "Ce n'était pas un souterrain refuge mais une galerie de captage d’eau. Elle est très intéressante car elle est vraiment dans son jus. On a différentes maçonneries du dix-septième, du dix-huitième et du dix-neuvième siècles, ainsi que des reprises modernes, mais aussi du réemploi de matériaux romain, des briques, des tuiles… et des voûtes en pleine terre, ce qui est très rare. C’est rare, à Lyon, d’avoir des galeries aussi bien préservées !".

En parallèle, deux conférences se tiendront le samedi pour ceux qui souhaiteraient mieux connaître l’histoire de cette galerie et il sera possible d'écouter des extraits du journal de bord de la bienheureuse lyonnaise. "Notre objectif est triple", conclut Jeanne Orlé : que ceux qui connaissent déjà Pauline Jaricot viennent la découvrir sous un nouvel aspect insolite ; que ceux qui ne la connaissent pas encore la découvrent à travers différents pans de sa personnalité ; et enfin que cette maison du quinzième siècle construite sur une ancienne voie gallo-romaine et classée aux monuments de France soit mise en valeur et connue du grand public.

Pratique

Maison Pauline Jaricot
42 bis montée Saint Barthélemy, 69005 Lyon

Samedi 20 septembre 2025 de 10h00 à 18h00
Dimanche 21 septembre 2025 de 10h00 à 18h00
Conférences à 15h et 16h samedi 20 septembre

En partenariat avec les Œuvres Pontificales Missionnaires

OPM
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