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Le cardinal Pizzaballa annule la dette scolaire de toutes les familles de Terre sainte

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Le cardinal Pizzaballa a annoncé mi-septembre 2025 l'annulation de la dette scolaire de toutes les familles de Terre sainte.

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Cécile Séveirac - publié le 17/09/25
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Le cardinal Pizzaballa, Patriarche latin de Jérusalem, a annoncé le 14 septembre annuler toutes les dettes des familles envers les écoles du Patriarcat pour les enfants scolarisés avant l'année du Jubilé de l'Espérance.

Le Patriarcat latin de Jérusalem (PLJ) ​​a annoncé le 14 septembre remettre les dettes scolaires de toutes les familles du diocèse pour les années scolaires précédant le Jubilé de l'Espérance. Une décision difficile à prendre "compte tenu des coûts qu'elle implique", reconnaît Mgr Pizzaballa dans une lettre, mais aussi un geste "nécessaire".

Rappelant que le Jubilé de l'Espérance est avant tout un chemin de conversion proposé aux catholiques, Mgr Pizzaballa explique qu'il serait cependant "trop réducteur de limiter la signification du Jubilé à une conversion spéciale du cœur, à un chemin exclusivement spirituel et intérieur." Le Jubilé doit ainsi également "devenir l'occasion de promouvoir et de demander la justice, l'équité et surtout la solidarité". Après avoir réfléchi à un geste concret qui mette en œuvre cet objectif dans son diocèse, le Patriarcat a pris la décision d'annuler les dettes des familles envers ses écoles, hors l'année scolaire 2024-2025.

L'annulation des dettes, rappelle le cardinal, est un geste qui tire ses racines dans l'Antiquité et qui se retrouve "dans le Nouveau Testament". "Le retour à Dieu, en effet, le pardon des péchés et la restauration de la relation avec Dieu, ne peuvent jamais être séparés de la restauration des relations humaines." Si cette décision doit permettre de soulager des familles en difficulté, elle implique aussi "que chacun prenne la décision de s'engager à changer de vie et à assumer ses responsabilités", note le cardinal. "La remise de ces dettes n'élimine donc pas la responsabilité de quiconque, y compris des familles, vis-à-vis des engagements pris envers les écoles."

Pauvreté et isolement

En Terre sainte, de nombreuses familles chrétiennes pâtissent de la guerre à Gaza et de ses retombées économiques. À Bethléem ou même à Jérusalem, beaucoup quittent ou expriment le désir de quitter leurs maisons à la recherche d'un avenir meilleur, tant leurs sources de revenus diminuent. Beaucoup sont employés dans le secteur du tourisme qui subit un véritable assèchement depuis la guerre avec la suspension des pèlerinages et autres voyages en Terre sainte. Opérateurs de tourisme, hôtellerie, commerçants, chauffeurs de taxi ou artisans d'objets religieux se retrouvent privés de revenus. "Le tourisme est la principale source de revenus des Palestiniens, mais les attaques israéliennes contre Gaza, la Cisjordanie et le Liban après le 7 octobre ont eu un impact terrible sur l'économie et les travailleurs de l'industrie du tourisme", expliquait ainsi en octobre 2024 à Vatican News Hani al-Hayek, ministre du Tourisme et des Antiquités de l'État palestinien qui estimait notamment une perte à plus de 2,5 millions de dollars par jour de revenus, dont 1,4 million de dollars pour la seule ville de Bethléem. Dans ce contexte délétère, de plus en plus de familles sont "incitées à quitter la Palestine", un exode qui "signifierait une réduction supplémentaire de la population chrétienne dans la région."

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