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Au Château de Souché, la vigne se raconte en famille

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Colombe de Carné - publié le 15/09/25
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Au Château de Souché, près de Nantes, Emmanuel Bodet a transmis à ses fils Stanislas et Christophe l’amour de la vigne et des vins authentiques. Entre vendanges, Saints de Glace et cuvées singulières, le domaine familial perpétue une tradition où exigence et savoir-faire se mêlent pour créer des vins uniques.

Au Château de Souché, Stanislas et Christophe, deux frères, marchent dans les pas de leur père, Emmanuel Bodet. Vigneron passionné, aujourd’hui à la retraite, il a vécu pour son domaine, sa famille et ses vignes. Il a lui-même planté 95 % des parcelles du clos de Souché. C’est une histoire familiale, un milieu difficile mais un travail riche de sens.

Le château, ancien manoir du XIXe siècle, se situe à 15 kilomètres au sud-ouest de Nantes, entre la Loire et le Lac de Grand-Lieu. Le clos s’étend sur 17 hectares. Les vignes ont en moyenne 40 ans, et certaines parcelles d’excellence atteignent 75 ans, donnant des vins profondément authentiques. Le terroir, quant à lui, repose sur des sols argilo-graveleux.

Le métier de vigneron ? Je suis tombé dedans quand j’étais petit !

"Je suis tombé dedans quand j’étais petit!", raconte Christophe Bodet avec humour. Plus qu’un rêve d’enfant, être vigneron a toujours été une évidence pour ce quadragénaire, qui accompagnait son père partout depuis l’enfance. Emmanuel Bodet lui a transmis le goût du travail de la terre, l’authenticité, le dépassement de soi, l’exigence et l’excellence. Sur six enfants, deux ont choisi de devenir vignerons. La relève est assurée. "J’ai repris le domaine il y a quinze ans. C’est un patrimoine architectural, agricole et familial", poursuit Christophe. Depuis sa grand-mère, le métier de vigneron a beaucoup évolué. La clef repose désormais sur la polyvalence. "Il faut être un véritable couteau-suisse", explique Christophe. Informatique, marketing, vente, mécanique, électricité, œnologie, administratif, gestion… le tout en continuant à vivre au rythme des saisons, comme autrefois.

Les Saints de Glace

Les 11, 12 et 13 mai, trois saints catholiques — saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais — sont vénérés comme les Saints de Glace. À cette période de transition entre printemps et été, les gelées peuvent être sévères. "Les Saints de Glace annoncent les gelées printanières. Traditionnellement, s'il ne gèle pas, nous sommes tirés d'affaires. Sinon, des gelées tardives sont à prévoir…", explique Christophe.

"Le métier de vigneron est très enrichissant et passionnant, mais il est de plus en plus soumis aux aléas climatiques. Nous subissons beaucoup plus de gelées printanières qu’avant et donc des pertes de récolte importantes", poursuit-il. "Notre père a vu ses vignes geler une fois en quarante ans, contre sept fois en neuf ans pour nous. Les hivers ne sont pas assez froids, donc la vigne ne fait plus son cycle végétatif normal."

six cépages, douze cuvées, 20.000 bouteilles par an

Le domaine cultive le Cabernet franc, le Sauvignon, le Grolleau gris, le Melon de Bourgogne, le Gamay et la Folle blanche. De ces cépages naissent une dizaine de cuvées. Certaines années, toutes ne sont pas produites, comme le rosé. Le Muscadet reste la star du Château de Souché, mais on y trouve aussi des créations plus atypiques, comme les Bulles rouges. Chaque année, le domaine produit en moyenne 20.000 bouteilles, fruit d’un travail exigeant et régulier. L’année démarre avec les vendanges, une étape cruciale pour le domaine.

"Ah oui quand même !", s’exclame Christophe, mi-songeur, mi-amusé, lorsqu’il réalise qu’il fait les vendanges depuis l’âge de 10 ans. Cette année, elles débutent début septembre et durent une dizaine de jours. Stanislas et Christophe travaillent de 7h à 21h pour récolter le fruit de leur travail. Ils sont très satisfaits de la récolte, un beau millésime s’annonce, bien équilibré. "On est content quand ça commence, mais aussi quand ça se termine. C’est une période stratégique pour faire en sorte que les futurs vins plaisent", précise Christophe. Le succès des vendanges dépend de plusieurs facteurs : météo clémente, matériel en bon état et conditions sanitaires optimales.

Après les vendanges viennent la vinification et le suivi des fermentations. La taille des vignes commence en novembre et se poursuit jusqu’en mars. Tout au long de l’année, la mise en bouteille et la commercialisation des vins s’organisent. C’est aussi à cette période que Christophe imagine des étiquettes originales, comme celle du vin nommé "Petit Jésus en culotte de velours".

Lors d’une dégustation de Cabernet franc, Christophe avait spontanément déclaré que le vin se buvait "comme un Petit Jésus en culotte de velours", une expression ancienne pour désigner un vin très agréable. Le grand-père des garçons aimait l’utiliser, et ils ont choisi de la reprendre. Le vin bénéficie d’un élevage de cinq ans en cuve et concerne uniquement les beaux millésimes : 2015, 2018… et probablement 2025 ! Au Château de Souché, la vigne n’est décidément pas seulement un métier, c’est un lien entre les générations. Emmanuel, Stanislas et Christophe montrent au quotidien que la passion se cultive, se partage… et se savoure dans chaque bouteille. 

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