Carême 2026
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Prêtre du diocèse de Strasbourg, le père Alain Moster, 52 ans, a été nommé conseiller ecclésiastique de l’ambassade de France près le Saint-Siège au 1er septembre 2025. Un poste atypique dans la diplomatie française – il n’en existe que deux à Rome et à Jérusalem –, pour lequel il se sent armé. “La diplomatie française doit apporter son expérience qui remonte à des siècles en arrière de soutien et d’encouragement pour les communautés chrétiennes que ce soient les écoles, la francophonie, l’aide hospitalière et sanitaire”, confie-t-il à Aleteia.
Aleteia : Mon Père, quelles sont vos premières impressions au sein de l’ambassade de France à Rome ? Quel travail vous y attend ?
Père Moster : J’ai pris mes nouvelles fonctions le lundi 1er septembre. Les premières impressions sont très positives. Un cadre de travail incroyable avec une villa XVIIIe, un parc splendide. Une grande bienveillance règne au sein de l’équipe, ce qui me permet d’atterrir en douceur. Ce n’est pas une ambassade bilatérale habituelle : tous les services d’une ambassade classique, comme la chancellerie, ne sont pas présents. Le travail est centré sur les liens avec le Saint-Siège, la conférence épiscopale, etc. Le français est la langue de travail, même si maîtriser d’autres langues se révèle toujours utile. Ce sont des horaires de bureau classiques qui m’attendent mais également une grande disponibilité le soir (activités de représentation). Les week-ends sont rythmés par des grands évènements de l’Église universelle et aussi par des missions plus classiques auprès des communautés religieuses locales.
Je suis habitué à composer doublement avec la vie paroissiale locale et la vie politique et sociale de la ville de Strasbourg.
Vos années d’études à Sciences Po vous aident-elles à faire vos armes dans la sphère politique française à l’étranger ?
Mes études à Sciences Po aident forcément et le fait de maîtriser plusieurs langues aussi. Les études sont toujours utiles quelles qu’elles soient car elles ouvrent l’esprit, elles permettent d’acquérir une méthode de travail, de réfléchir !
Représenter la France et représenter l'Église, est-ce une position facile à tenir ?
C’est, en fin de compte, assez naturel pour moi car je suis issu du diocèse de Strasbourg où le Concordat est encore d’usage (c’est aussi le cas dans le diocèse de Metz). Je suis, en effet, habitué à composer doublement avec la vie paroissiale locale et la vie politique et sociale de la ville de Strasbourg.
Quelles sont les spécificités de ce poste atypique de "prêtre - diplomate" ?
Traditionnellement, le poste de “prêtre - diplomate” existe en deux lieux très précisément, un prêtre près du Consulat de France à Jérusalem et un prêtre auprès de l’Ambassade de France près le Saint-Siège à Rome. Ils sont tous deux au service de la République française, de la diplomatie française, du Quai d’Orsay. Or, depuis un an et demi, le poste pour le conseiller des affaires religieuses (l’équivalent du conseiller ecclésiastique) à Jérusalem n’est plus occupé par un prêtre mais par une femme. C’est une journaliste française qui a longtemps travaillé à Rome et qui est une spécialiste des relations Israël - Saint Siège. L’une des missions du conseiller ecclésiastique à Jérusalem est de suivre la vie quotidienne des communautés chrétiennes, en particulier en Israël et dans les territoires palestiniens, que ce soient pour des problématiques de propriété, de permis de séjour, de papiers, de finance, d’entretien des lieux. L'Église possède également son propre réseau de diplomates que sont les nonces, les conseillers et les attachés de nonciature. Ils sont, de fait, au service du Saint-Siège.
La diplomatie française doit apporter son expérience qui remonte à des siècles en arrière de soutien et d’encouragement pour les communautés chrétiennes.
Dans votre poste, vous avez en charge la question des Chrétiens d’Orient. Que peuvent faire la France et le Vatican à ce sujet ?
La question des chrétiens d’Orient ne relève pas au sens strict de l’Ambassade de France près le Saint-Siège mais du pays lui-même (la France), des instances centrales et bien sûr du Consulat général de France à Jérusalem. À Rome, l’Ambassadrice de France auprès du Saint-Siège a fait, il y a quelques mois, une tournée des maisons généralices des communautés religieuses présentes en Terre sainte (les jésuites, les franciscains, etc.) Cette tournée s’est révélée extrêmement riche. C’est important de créer du lien, de signifier à ces communautés que la France en porte encore le souci.
La diplomatie française a-t-elle un rôle à jouer ?
La diplomatie française doit apporter son expérience qui remonte à des siècles en arrière de soutien et d’encouragement pour les communautés chrétiennes que ce soient les écoles, la francophonie, l’aide hospitalière et sanitaire. En Orient, il y a de nombreuses structures tenues par les Filles de la Charité, les Sœurs de Saint Joseph de l’Apparition. Beaucoup de communautés religieuses aident d’un point de vue sanitaire les populations qui sont en péril.









