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“Blessé, je ne cesserai jamais d’aimer” : 50 ans de la Communauté de l’Agneau

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La communauté de l'Agneau fête ses 50 ans.

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Xavier Dufour - publié le 14/09/25
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C’est à Vézelay que les religieux et religieuses de la Communauté de l’Agneau se retrouvent jusqu’au 15 septembre pour fêter les cinquante ans de leur fondation, après un pèlerinage d’un genre particulier… mais bien dans leurs habitudes !

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Je sème l'espérance

170 petites sœurs et petits frères de l’Agneau sont en pèlerinage vers Vézelay jusqu’au 15 septembre pour célébrer le jubilé des cinquante ans de leur communauté. Venus des fraternités implantées en Europe (Espagne, Italie, Autriche, Pologne, France), les religieux et religieuses se sont d’abord retrouvés au hameau de Saint-Pierre, "maison de famille" de la Communauté, située dans l’Aude tout près de Fanjeaux, lieu source de l’Ordre dominicain. Ce pèlerinage pas comme les autres, entre Saint-Pierre et Vézelay, se fera alors… en auto-stop ! Il s’agit, selon le charisme propre des religieux de l’Agneau, d’inscrire ce jubilé dans une démarche missionnaire et mendiante, en se remettant dans les mains de la Providence. 

Vézelay, lieu source des petites sœurs et petits frères  

C’est à Vézelay, sur la "colline inspirée", qu’eut lieu la rencontre de petite sœur Marie, dominicaine, et frère Jean-Claude, franciscain qui vivait à Vézelay avec d’autres frères depuis 1972. En août 1974, durant une retraite prêchée par le franciscain aux neuf sœurs dominicaines venues de Paris, l’Esprit saint leur inspire un nouvel élan : le désir de la prière, de l’union à Jésus, et de l’annonce à sa suite de la Bonne Nouvelle aux pauvres.

C’est sur cette grâce d’amitié, vécue en Christ et par le Christ, amitié toujours vivante aujourd’hui, que la Communauté a posé ses fondements.

C’est sur cette grâce d’amitié, vécue en Christ et par le Christ, amitié toujours vivante aujourd’hui, que la Communauté a posé ses fondements. À la fin de la retraite, il n’y a ni planification ni projet, seulement un don renouvelé de leurs vies et une immense espérance : Dieu pourvoira ! Une prière monte de leur cœur : "Seigneur, fais-nous le don de l’impossible pauvreté de ton Évangile ! Fais-nous le don de l’impossible charité de ton Évangile !" C’est alors qu’un frère franciscain lance aux sœurs : "Mes sœurs ! Si vous voulez vivre pauvres, il y a dans le village une petite maison que vous prêtent des gens pour quelques mois !" Comment ne pas y lire un signe de la Providence ? 

L’évangile de l’Agneau

C’est ainsi que les premières sœurs sont envoyées par leur congrégation d’origine à la Toussaint 1974, pour vivre à Vézelay une expérience de prière et de pauvreté. Ce jour-là, le père Christoph Schönborn o.p. leur confie la présence eucharistique en déposant le Saint Sacrément dans leur petite chapelle. Et c’est là que s’élabore la forme de vie fraternelle, pauvre et priante, de la Communauté de l’Agneau. Le 14 septembre 1975, lors de la célébration de la Croix Glorieuse, le Seigneur dépose dans le cœur des trois premières petites sœurs le germe du charisme qui s’exprimera plus tard dans cette devise : "Blessé, je ne cesserai jamais d’aimer."

Depuis 1975, la Communauté a essaimé, fondant dans huit pays d’Europe et d’Amérique des petits monastères, humbles fraternités de vie centrées sur la liturgie, la manducation et la méditation de la Parole de Dieu, la rencontre du prochain à travers la mendicité du pain. Ce dernier point étonne, scandalise parfois. Et pourtant, le Christ s’adressant à la Samaritaine, lui a d’abord mendié de l’eau. N’est-ce pas une manière d’honorer la dignité des personnes, et particulièrement des pauvres, que de leur permettre de donner ? D’étonnantes rencontres adviennent, des portes fermées à toute annonce directe de la foi s’ouvrent, des cœurs s’épanchent et l’Évangile se renouvelle. Autant de petits et de grands miracles vécus sur les chemins, dont sont témoins aussi les petits frères de l’Agneau, fondés à leur tour en 1990 : on découvre quelques-unes de ces Fioretti dans le bouleversant petit livre L’Offrande du mendiant (Cerf, 2017).  

Une paix désarmante

Une parole de saint Paul revêt une signification particulière pour la Communauté : "C’est lui qui est notre paix, en sa chair il a tué la haine" (Ep 2, 14). C’est à Jésus seulement, à l’Agneau vulnérable qui s’est livré pour sauver l’humanité de toute forme de mal, que les petites sœurs et les petits frères veulent appartenir. Aujourd’hui la Communauté de l’Agneau désire rendre grâce au Seigneur pour avoir suscité, il y a cinquante ans, une si belle aventure. Ce jubilé s’inscrit providentiellement dans le Jubilé de l’Espérance initié par le pape François, lui-même grand ami de la communauté qu’il avait installée à Buenos Aires en 1994. Unie à toute l’Église, la Communauté de l’Agneau partage la prière ardente du peuple de Dieu qui implore pour le monde la paix, "une paix désarmée et désarmante" selon les premiers mots du pape Léon XIV.

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