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Qui sont les “nouveaux martyrs” du XXIe siècle auxquels le Pape rend hommage ce dimanche ?

5 min de lecture
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Crédit : Thilina Kaluthotage / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Plus de 260 personnes ont été tuées en avril 2019, à Pâques, lors d’une série d’attentats au Sri Lanka contre trois églises et des hôtels.

Près de 1.700 chrétiens, catholiques ou issus d’autres confessions, ont été recensés comme martyrs depuis 2000. Le pape Léon XIV leur rendra hommage dimanche 14 septembre à Rome lors d’une grande célébration jubilaire.

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Le pape Léon XIV va présider ce dimanche 14 septembre une célébration œcuménique en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome en présence des représentants de 24 confessions chrétiennes. Pensée dans le cadre du Jubilé, elle doit commémorer le martyre de 1.624 chrétiens qui ont été tués en raison de leur foi depuis le début du XXIe siècle.
Pensée à l'occasion du Jubilé, cette liste de martyrs contemporains fait écho à celle qui avait été réalisée lors du Jubilé de l’an 2000 à la demande de Jean Paul II. Le pape polonais avait rendu hommage aux nombreux martyrs des idéologies – communisme et nazisme notamment – pendant le XXe siècle, leur mémoire étant entretenue depuis lors dans la basilique Saint-Barthélemy-en-l’Île à Rome.

Dans cette perspective, François a souhaité renouveler l'expérience en confiant la tâche à une nouvelle commission d'experts en 2023. Si la nouvelle liste n'est pour l'heure pas publiée, les membres de la commission ont rappelé qu'il ne s'agissait pas d'une reconnaissance formelle de martyrs – qui nécessite une longue enquête dans le cadre d'un procès canonique en vue d'une béatification –, mais bien d'une recension historique fiable de tous ceux qui sont morts en raison de leur foi ou en défendant des valeurs qui s’y rattachent directement.

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C'est dans cette perspective, celle de "l'œcuménisme du sang", que les martyrs cités dans la liste appartiennent parfois aussi à d'autres confessions chrétiennes. Lors d'une conférence organisée à la basilique Saint-Barthélemy le 9 septembre, le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des saints, a expliqué qu'il serait envisageable pour son dicastère de reconnaître les martyrs appartenant à d’autres confessions, mais ne le faisait "par courtoisie".
Le cardinal italien a notamment cité son admiration pour le pasteur protestant Dietrich Bonhoeffer, mort dans un camp pour avoir dénoncé le nazisme. Il a aussi dit s'associer à la douleur des membres des autres religions qui sont assassinés simplement en raison de leur foi.

De nombreuses victimes du djihadisme

Concernant les près de 1.700 martyrs recensés au XXIe siècle, les profils ont changé par rapport au XXe siècle. Il y a notamment beaucoup de martyrs du djihadisme en Afrique, au Moyen-Orient mais aussi en Asie – c'est au Sri Lanka qu’a eu lieu l'attentat le plus meurtrier le jour de Pâques 2019, avec 269 victimes. C'est aussi celui des 21 martyrs coptes exécutés froidement sur une plage en 2015, que le pape a insérés dans le martyrologe romain comme signe de communion spirituelle, avec l'accord du pape copte Tawadros.

Parmi la longue liste des martyrs, on retrouve des noms connus, tels ceux du père Jacques Hamel, tué en pleine messe en 2016. Il y a aussi la religieuse combonienne Maria de Coppi, tuée dans une attaque terroriste au Mozambique en 2020, ou une quarantaine d'enfants chrétiens de 12 à 17 ans de l'école de Mpondwe en Ouganda, massacrés avec leurs professeurs à la machette ou brûlés vifs par des extrémistes armés par l'État islamique. Il y a encore les nombreuses victimes des communautés chrétiennes dans les pays musulmans, comme Basharat Masih, assassiné au Pakistan en 2023 pour avoir tenté d’empêcher la conversion forcée de sa fille.

Des martyrs de la justice

Beaucoup de martyrs recensés au Mexique, au Nigeria, en Haïti ont payé de leur vie le combat qu’ils menaient au nom de leur foi, au quotidien, contre les conflits ethniques, les narcotrafiquants ou les bandes armées. C'est le cas notamment de la religieuse italienne Luisa Dell'Orto, qui aidait les orphelins et les enfants des rues de Port-au-Prince depuis vingt ans quand elle a été tuée en 2022.

Cela l’est aussi du catéchiste congolais Floribert Bwana Chui, tué en 2007 à Goma (RDC) pour avoir refusé d’accepter de faire passer de la nourriture avariée contre des pots de vin. Le 15 juin dernier, il a d’ailleurs été béatifié, l’Église le reconnaissant comme le martyr "de l'honnêteté et de l'intégrité morale" dans un pays miné par la corruption.
Le cardinal Semeraro a d’ailleurs souligné l’importance de ces catégories de martyrs qui ne sont pas morts parce que l’agresseur haïssait la foi chrétienne, mais parce qu’en tant que chrétiens, ils servaient des "valeurs qui sont directement liées à la foi", notamment la justice.

Certains, dans cette longue liste qui n'a pas été publiée officiellement, "seront probablement reconnus officiellement comme martyrs dans les années à venir, d'autres non", explique le père Angelo Romano, qui était jusqu'à peu recteur de la basilique Saint-Barthélemy. "Et il y en a beaucoup que nous ne connaîtrons probablement pas, mais qui sont de vrais témoignages", assure-t-il. Le pape François, en 2023, avait d'ailleurs exprimé sa conviction que les martyrs "sont plus nombreux à notre époque qu'aux premiers siècles".