Pour Fernando Gutiérrez, c’est le pèlerinage d’une vie, celle à naître qu’il est urgent de protéger. Ancien reporter de guerre et auparavant athée, Fernando a fondé en mars 2022 l’association Mary’s Children, quelques temps après sa conversion, pour venir en aide aux enfants du Kenya menacés d’avortement par la fragilité des conditions de vie qui fracturent le pays. Une dignité qu’il a souhaité défendre et confier à Dieu à l’occasion d’un long périple. Parti en octobre 2024, il a choisi de parcourir 6.000 km de l’Espagne à Bethléem, lieu de naissance du sauveur du monde. Un signe fort qui démontre la force de son combat pour la vie.
Sans argent et dans un abandon total à la providence, Fernando a démarré son pèlerinage depuis le monastère franciscain de Santo Toribio de Liébana, en Cantabrie, au nord-ouest de l’Espagne.
Si je néglige la prière, les inquiétudes de ce monde surgissent : combien de temps me reste-t-il, comment vais-je y arriver, où vais-je passer la nuit, qui va m'aider...
Lors de son voyage, il a visité divers sanctuaires. De Loyola, lieu de naissance de saint Ignace, en passant par la sagrada familia à Barcelone et jusqu’à la basilique du Pilar à Saragosse, lieu d’apparition de la Vierge Marie à l’apôtre Jacques. Un véritable cheminement spirituel que l’ancien reporter de guerre a choisi de vivre pour confier à Dieu la protection de la vie.
"Le Seigneur m’a proposé cela et j’ai répondu “oui” sans savoir ce qu’il m’avait réservé", partage-t-il auprès de l’édition polonaise d’Aleteia. Pour Fernando, le secret de cet accomplissement est tout simple, c’est la prière qui ne cesse de le soutenir dans les moments les plus difficiles. "Au Kenya, dans la mission, comme maintenant, en pèlerinage, la prière et les sacrements sont au centre de mes journées. Quand ils me manquent ou que je néglige la prière, les inquiétudes de ce monde surgissent : combien de temps me reste-t-il, comment vais-je y arriver, où vais-je passer la nuit, qui va m'aider...", assure-t-il.

Se donner pour Dieu et pour les autres
Pour Fernando, si Dieu s’est donné pour tous et en particulier pour lui, il était primordial de se donner en retour. "Il a tout donné pour moi, et qu'est-ce que je lui ai donné en retour ? Je me suis donné à moitié ! Cela m'a attristé, mais prendre conscience de cela a donné un nouveau sens à ma vie", souligne-t-il.
S’il offre son périple à Dieu, l’ancien reporter le fait aussi pour les autres, en particulier pour tous les enfants pris en charge par son association au Kenya. "Ce sont les enfants qui m'ont tout appris. Je n'ai appris autant de personne d'autre. Ils nous apprennent à aimer, à pardonner, à oublier, et à rire dans les moments difficiles", avoue-t-il. Sans armes, ni cris, Fernando a choisi de défendre la vie en osant vivre la sienne pleinement à travers un pèlerinage porteur d’un bouleversant message.









