Une messe sera célébrée selon le rite tridentin (la forme rituelle pré-Vatican II) dans la basilique Saint-Pierre par le cardinal américain Raymond Burke, le 24 octobre, dans le cadre d'un pèlerinage annuel organisé par des catholiques traditionalistes. Un événement perçu comme un signe d'ouverture par ces derniers, après plusieurs années sous le pontificat de François pendant lesquelles ils n'avaient pu s'approcher des autels de la basilique vaticane.
Depuis 2012, Coetus Internationalis, un consortium international d'associations en faveur de la liturgie traditionnelle – telle qu'on la célébrait avant la publication du missel de 1970 par Paul VI – organise chaque année un grand pèlerinage à Rome. De 2012 à 2022, ce rassemblement avait pour point culminant une messe pontificale – en grande pompe – dans la basilique Saint-Pierre au Vatican.
Ce pèlerinage porte le nom de "Summorum Pontificum", le motu proprio de 2007 de Benoît XVI qui libéralisait la "forme extraordinaire" du rite romain en autorisant largement l'usage du missel de 1962 publié par Jean XXIII avant le concile Vatican II. Cependant, en 2021, ce texte est abrogé par François. Dans le motu proprio Traditionis custodes, le pape argentin explique sa décision en déplorant des "abus liturgiques" mais aussi en constatant que la liturgie traditionnelle nourrit souvent un rejet de l'ensemble du dernier concile et devient ainsi un vecteur de division. Il affirme s'appuyer sur les résultats d'une enquête de terrain.
Ce changement de cap a été reçu avec beaucoup d'amertume et de colère dans les milieux traditionalistes. Exception faite de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (composée d'anciens intégristes ayant finalement rallié Rome), qui a obtenu une exception de la part du pape François en février 2022, le Saint-Siège a manifesté son souhait de faire appliquer Traditionis custodes, notamment au Vatican.
Des restrictions à Saint-Pierre depuis 2021
Dès mars 2021, la secrétairerie d'État a largement limité la célébration de la messe traditionnelle dans la basilique Saint-Pierre, l'autorisant uniquement dans la petite chapelle Clémentine et imposant quatre créneaux dans la matinée. Autorisé en 2022, le pèlerinage Summorum Pontificum, qui porte désormais le nom d'une lettre apostolique abrogée, s'est finalement vu refuser l'accès à la basilique Saint-Pierre en 2023 et 2024.
L'annonce du retour de la liturgie traditionaliste sur un des autels les plus importants de la basilique vaticane cette année a été accueillie avec joie par les organisateurs. Le coordinateur du pèlerinage, le Français Christian Marquant, attribue avec reconnaissance ce retour "au Ciel et au pape Léon".
Dans un entretien publié sur le site du pèlerinage, le cofondateur du mouvement traditionaliste Renaissance catholique souligne aussi la célébration, vendredi 23 octobre, des vêpres solennelles pour les pèlerins venus de 100 pays dans une basilique romaine par le cardinal Matteo Maria Zuppi, président de la conférence épiscopale en Italie, réputé très proche du pape François. "C'est un signe éloquent de paix et de charité entre tous les catholiques", estime-t-il, rappelant que l'archevêque de Bologne avait déjà fait ce geste en 2022.
Une conférence à l'Augustinianum
Le même jour se tiendra un congrès sur la "paix liturgique" à l'Augustinianum, centre de conférences romain administré par l'Ordre de Saint-Augustin. Dans l'amphithéâtre situé à quelques pas de la maison généralice de l'ordre auquel appartient le pape Léon XIV, une intervention du journaliste italien Marco Tosatti est notamment prévue sur "l'héritage compliqué du pape François".
Le lendemain aura lieu la messe pontificale, célébrée à l'autel de la Chaire par le cardinal américain Raymond Burke. Mis sur la touche par le pape François depuis 2017, l'ancien patron de l'Ordre de Malte avait été l'une des voix critiques les plus notables ces dernières années au sein du collège des cardinaux, en particulier contre les restrictions imposées par Traditionis custodes, qu'il a décrites comme une "persécution". Il a été reçu en audience par le pape Léon XIV le 22 août dernier et pourrait avoir joué un rôle dans le retour du pèlerinage traditionaliste au Vatican.
"Une telle célébration ne peut pas se dérouler dans la basilique sans l'aval du pape", assure une source vaticane. Depuis le début de son pontificat, Léon XIV ne s'est pas exprimé sur les questions liturgiques, mais a montré une attention toute particulière pour le décorum attaché à sa fonction, notamment sur le plan vestimentaire. On l'a vu notamment arborer la mozetta rouge traditionnelle qu'avait refusée François pendant tout son pontificat.

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