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Une nouvelle attaque sanglante endeuille la République démocratique du Congo (RDC). Le pays a de nouveau fait les frais d’une effroyable attaque dans la nuit du lundi 8 au 9 septembre 2025. Au moins 71 personnes ont été tuées par des membres du groupe rebelle des Forces Démocratiques Alliées (ADF), rattachées à l’État islamique, en pleine cérémonie de funérailles dans le village de Ntoyo au Lubero dans le Nord-Kivu, à l’est du pays. Les autorités font également état de plusieurs enlèvements.
"La plupart des personnes tuées assistaient à des funérailles" et ont été tuées par balles, a précisé Samuel Kagheni, président de la société civile locale. Certaines victimes "ont été calcinées dans leur maison et d'autres qui voulaient fuir ont été abattues", a-t-il poursuivi.
De nombreuses pertes humaines mais aussi des dégâts matériels, notamment l’incendie de plusieurs maisons, d’un véhicule, et de plusieurs motos, ont été perpétrés. Un drame qui a fait réagir l’abbé Paluku Nzalamingi qui présidait la cérémonie. “Ils ont tué presque toutes les personnes qui étaient rassemblées au lieu du deuil”, a-t-il témoigné avec douleur auprès du média local Congo Quotidien. "Des femmes sur des matelas au salon du défunt, d’autres dans le couloir, d’autres encore à l’extérieur dans la parcelle. En tout cas, nombreux ont été tués par balle."
Une attaque imprévisible ?
L’attaque surprise d’une telle ampleur interroge, d’autant plus que les forces de sécurité sont particulièrement présentes dans la région. Mwami Eugène Viringa, chef de groupement des Babika, assure que les autorités locales avaient déjà alerté les responsables sécuritaires sur l’éventuelle présence de rebelles dans les périphéries de Ntoyo. "Nous avons demandé aux services de sécurité de mener des fouilles dans ces zones, mais personne n’a agi", déplore-t-elle auprès de Congo Quotidien. Des riziculteurs ont également signalé des "mouvements d’hommes suspects armés" dans les environs quelques semaines avant le drame. L’activité réelle était bel et bien en activité selon certains habitants qui ont remarqué la présence de "sachets de sel et de boîtes de conserves" laissant penser à un ravitaillement des ADF dans les recoins avoisinants.
En RDC, les chrétiens font l’objet de nombreuses attaques du groupe rebelle des ADF, affilié à l’État islamique depuis maintenant plusieurs années. La dernière en date est celle de l’attaque de l’église de Komanda dans laquelle une trentaine de personnes ont perdu la vie. Le week-end du 14 février, c’est une église protestante située à Kasanga qui a fait les frais d’un massacre par le même groupe rebelle où 70 personnes ont été décapitées. Malgré la présence de forces sécuritaires, l’instabilité semble progresser dans la province orientale du pays.









