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Fin de vie, PMA, GPA, laïcité… Ce que Sébastien Lecornu a dit (ou pas)

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Sébastien Lecornu.

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Cécile Séveirac - publié le 10/09/25
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Nommé Premier ministre après la chute du gouvernement Bayrou Sébastien Lecornu, 39 ans, a pris ses fonctions à Matignon mercredi 10 septembre. Fidèle d’Emmanuel Macron et ancien ministre des Armées, il s’est peu exposé sur les grands débats de société. Conservateur à ses débuts, il a depuis nuancé ses positions sur certains sujets.

Sébastien Lecornu, choisi comme Premier ministre par Emmanuel Macron, a pris ses fonctions mercredi 10 septembre à Matignon après une passation de pouvoir expresse avec son prédécesseur. L'avant veille, François Bayrou et son gouvernement ont été renversés après avoir échoué à obtenir la confiance des parlementaires. Pressenti il y a déjà plusieurs mois pour prendre la tête du gouvernement, Sébastien Lecornu a été pendant trois ans le ministre des Armées jusqu'à sa nouvelle prise de poste. Issu de la droite, discret et fidèle du président de la République, fin négociateur réputé pour ses positions "équilibrées", ce quadragénaire s'est peu exprimé, les trois dernières années de sa vie politique, sur les grands sujets qui agitent la société française.

Si, au début de sa carrière locale, Sébastien Lecornu a affiché des positions plutôt conservatrices, son discours s'est progressivement nuancé en accédant à ses fonctions ministérielles, se rangeant discrètement du côté des choix gouvernementaux. En 2012, alors candidat de droite à la mairie de Vernon en Normandie, il s'était opposé au mariage "pour tous" : "Le mariage est dans nos sociétés la base de la construction de la famille. Et une famille se construit entre un homme et une femme".

Discrétion

Sur la PMA et la GPA, en 2015, l'ancien maire de Vernon et président du Département de France disait avoir "des convictions très arrêtées". "Je suis hostile à la GPA et la PMA", avait-il confié à Actu.fr. Mais à partir de 2019, ces "convictions très arrêtées" se transforment en "cheminement" : dans des interventions publiques, ses propos paraissent moins tranchés et il évoque la nécessité de débats et d’écouter les évolutions sociétales — atténuant manifestement ses positions antérieures. "Ce sont des sujets sur lequel je chemine et j'ai beaucoup cheminé. Les sujets bioéthiques sont difficiles", avait-il ainsi exprimé auprès de France Info le 14 juin 2019. Interrogé sur sa position au sujet de l'extension de la PMA à toutes les femmes, y compris homosexuelles, Sébastien Lecornu assurait s'être lui aussi "posé des questions pendant de nombreuses années" . "Si je n'avais pas été d'accord, je ne serais pas rentré au gouvernement. Après moi, je suis toujours très attentif à tout ce qui se passe ensuite sur le statut de l'embryon, sur la question du vivant, mais j'ai du mal à avoir des opinions complètement radicales sur ces sujets, qui sont des sujets compliqués et qui appellent beaucoup de respect, parce que derrière on touche à l'humain", avait-il encore déclaré.

Sur les dernières évolutions bioéthiques, notamment l'inscription du "droit à l'IVG" dans la Constitution, Sébastien Lecornu est resté discret, voire absent des débats. Idem pour la fin de vie et la légalisation de "l'aide active à mourir", c'est-à-dire l'euthanasie et le suicide assisté, sur lesquels l'ancien ministre des Armées n'a pas pris publiquement position.

Sa prise de parole la plus remarquée sur la laïcité date de l’attaque de la mosquée de Bayonne en 2019, lorsqu’il appela à "ne pas stigmatiser" les musulmans et à distinguer radicalisation, communautarisme et laïcité. Sur le terrain religieux, Sébastien Lecornu se tient à distance : aucune déclaration sur l’enseignement privé, mais une confidence personnelle sur son adolescence — l’idée, à 16 ans, de devenir moine bénédictin — qui révèle un rapport plus intime à la spiritualité, distinct de ses fonctions publiques. Durant sa fonction de ministre des Armées, il s’est inscrit davantage dans une rhétorique civique et mémorielle, mettant en avant "rites" républicains et cérémonies militaires, ce qui prolonge une trajectoire où le religieux reste cantonné à la sphère privée.

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