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Redonnons vie aux messes de campagne !

Coucher de soleil estival sur l'église médiévale Saint-Jacques-le-Majeur à Hunawihr, petit village situé entre les vignobles de Ribeauville, Riquewihr et Colmar en Alsace, région viticole française, février 2021.

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Jean-Étienne Rime - publié le 08/09/25
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Ces messes de campagne, où l’on se rend à reculons, cachent des trésors de fidélité et de bonne volonté. Notre chroniqueur Jean-Etienne Rime donne des idées pour que, depuis les campagnes elles-mêmes ou depuis les villes, tous les catholiques se mobilisent pour redonner vie ensemble au tissu chrétien qui nous a transmis la foi.

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Ah ! comme cette messe était ennuyeuse. Petite église charmante, témoin de la foi du passé dans nos campagnes, mais quel ennui. Un prêtre ânonnant et gris tant au physique qu’au figuré, une paroissienne pleine de bonne volonté chantant trop lentement des hymnes des années soixante-dix au sens fleuri mais très aléatoire, une assistance parsemée dans laquelle deux jeunes ménages et leurs enfants dénotaient parmi les têtes blanches, tout comme ce couple d’Antillais arrivés on ne sait comment dans cette France profonde. La liturgie un peu hasardeuse et un sermon dont on décroche aux premiers mots. Quel ennui !

Ce genre de scénario est classique dans les églises de la ruralité française et c’est souvent rédhibitoire. Pourquoi se lever le dimanche matin pour passer une heure à morigéner ? autant prier chez soi ou suivre la messe sur un écran. Attention ! en disant cela, l’on s’embarque sur une fausse route. Reprenons.

Contre vents et marées

Ce vieux prêtre est un homme courageux. Contre vents et marées, il assure comme il peut un service dans un diocèse dont le presbyterium a fondu comme neige au soleil. Il a su résister à toutes les difficultés de ces trente ou quarante années et il doit garder le moral tout en sachant qu’il ne sera pas remplacé. Ces prêtres âgés sont formidables, aimons-les. On les accable parce que leur messe sent bon les improvisations post-Vatican II ou parce qu’ils n’ont pas l’aura de ce jeune curé qui déménage les foules. Aimons-les, ils ont tant donné et ils donnent encore tant.

Ensuite, évoquons l’animatrice qui fait chanter, faux souvent, et des chants qui sont hors d’âge. Croyez-vous qu’elle ait pu prendre cette responsabilité pour compenser sa carrière de chanteuse vedette loupée ? Elle est dévouée et prend du temps pour préparer la messe au mieux, même si elle n’est pas au point avec les chants de l’Emmanuel ou de L’Eau Vive.

Villes et campagnes

Regardons ces quelques jeunes et les Antillais : peu nombreux, ils font un effort pour venir et montrer leur attachement à la paroisse, faire vivre une église qui ne serait plus qu’un monument historique en mauvais état si le culte n’y était pas célébré plus ou moins régulièrement. Ils ont la foi et c’est avec eux que les catholiques sont encore présents, avec eux que l’esprit missionnaire se développe dans ces territoires oubliés. 

L’avenir et la fécondité de l’Église dans nos campagnes sont des questions très présentes. Les quartiers populaires, périphéries de très nombreuses villes, vivent un élan nouveau et la fréquentation des églises est croissante ; inversement, les paroisses rurales sont déclinantes dans de très nombreuses régions. Les cœurs de ville réunissent des paroissiens de tous âges et les jeunes trouvent le chemin de la messe, les bourgs et villages desservis une fois par mois ou moins encore ont du mal à réunir une assemblée, même clairsemée.

Adoptez une paroisse !

Que faire ? il n’y a pas de recette miracle, juste quelques attitudes à suivre. La première consiste, quand on vit à la campagne, à noter sur son agenda les messes du village et s’y rendre en demandant à sa famille, ses amis de venir. On peut aussi afficher dans la seule boutique multiservices des environs les horaires et en parler pour inviter autour de soi. Ensuite, aider les quelques volontaires et les encourager ; l’animatrice, le responsable de l’ouverture de l’église doivent être soutenus et épaulés de façon concrète. Autre piste de mobilisation avec les résidents secondaires : lors des périodes de vacances, ces habitants temporaires, doivent être invités et on leur demande aussi de donner une partie de leur denier à la paroisse, c’est une incitation à créer un lien, un attachement plus fort. 

On peut aller plus loin encore avec le concept "adoptez une paroisse !" L’idée est simple : une paroisse de centre-ville, dynamique et évangélisatrice, se déporte une fois par an dans une église de campagne et toute la population locale est invitée. On organise ensuite le "match retour", la campagne venant à la ville. Cela crée des liens, permet des échanges d’idées, des aides mutuelles et une connaissance des réalités qui crée des solidarités.

N'oublions pas nos campagnes

Ce sont des idées parmi d’autres, l’important est de prendre conscience de la difficulté de maintenir le culte dans ces campagnes qui ont tant prié, chanté, loué adoré, béni le Seigneur et donné de saints prêtres et fidèles au fil des siècles. N’oublions pas nos campagnes, aidons-les.

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