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Prier dans le métro : trois méthodes auxquelles vous n’auriez jamais pensé !

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Mathilde de Robien - publié le 07/09/25
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Dans son rafraîchissant "Bréviaire du métro", la religieuse xavière Juliette Ploquin propose de multiples méthodes et astuces pour faire de ses trajets de métro des occasions de rencontre avec Dieu. Jubilatoire et édifiant.

"On dit que Jésus aimait tout le monde. C’était facile pour lui : il n’a jamais pris le RER B aux heures de pointe…" commence, de manière humoristique, Juliette Ploquin, dans son ouvrage paru fin août, Bréviaire du métro (Éditions Emmanuel). Après avoir fréquenté les "comedy clubs" marseillais comme humoriste, la jeune religieuse amatrice de stand-up a déménagé à Paris et goûté aux joies du métro. "Je suis passée d’une ville où je faisais tout à pied à une vie en banlieue parisienne dans laquelle je passe au minimum deux heures par jour dans le métro. Aux heures de pointe. Avec des changements", précise-t-elle. Son livre décrit sur un ton jubilatoire aussi bien les affres des transports en commun que les manières toutes spirituelles de les surmonter en en faisant des occasions de rencontre avec Dieu. Voici trois méthodes auxquelles vous n’auriez sans doute jamais pensé !

Mais d’abord, avez-vous déjà fait le rapprochement entre les rames de certains métros et la chapelle d’un monastère ? Dans certaines rames, des rangées de sièges se font face. Une disposition qui évoque à Juliette Ploquin les stalles, disposées de part et d’autre du chœur d’une église, dans lesquelles s’installent les moines pour prier. "La disposition de l’espace dit quelque chose. Elle vient nous rappeler que nous ne prions pas seuls, que la prière n’est pas une affaire individuelle. Elle nous tourne vers Dieu et vers nos frères et sœurs", souligne la religieuse. "La disposition des sièges du métro "en stalles" peut nous rappeler ce caractère communautaire, dialogal, de la prière."

1Exhorter (en pensée) les passagers à bénir le Seigneur

Une première forme de prière peut consister à reprendre à son compte le Cantique dit "des trois enfants" et à exhorter ainsi les passagers de la rame à bénir le Seigneur. Le "Cantique des trois enfants" se trouve dans le livre de Daniel (chapitre 3). Tandis que trois jeunes Hébreux sont jetés dans une fournaise en raison de leur refus de se prosterner devant une statue du roi Nabuchodonosor, ils se mettent à marcher dans les flammes en bénissant Dieu, entonnant un chant qui convoque toutes les créatures : "Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur ! Vous, les anges du Seigneur, bénissez le Seigneur ! Vous, les cieux, bénissez le Seigneur ! ..."

"Si ces trois jeunes gens ont pu chanter les louanges de Dieu dans une fournaise, nous pouvons bien le faire quand nous sommes ratatinés contre une porte !", s’exclame Juliette Ploquin. Et de donner un exemple du "Cantique des trois enfants" né de sa propre expérience :

"Vous, passagers qui faites la gueule, bénissez le Seigneur,
vous, musiciens approximatifs, bénissez le Seigneur,
vous, monsieur qui prenez toute la place, bénissez le Seigneur !"

À chacun bien évidemment d’adapter sa prière au contexte.

2Inventer des clausules de métro

Prier le chapelet est pour beaucoup la manière la plus simple et la plus efficace de se sanctifier dans les transports en commun. Mais le côté répétitif risque de le rendre ennuyeux. C’est pourquoi la religieuse propose de personnaliser sa prière du chapelet avec des clausules, ces quelques modifications, à la marge, d’une phrase du Je vous salue Marie. Voici un exemple classique de clausule : "Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, qui s’est incarné par amour pour l’humanité, est béni". Mais pourquoi ne pas inventer ses propres clausules de métro ? À l’image de celles, truculentes, proposées par Juliette Ploquin :

"Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus…
- qui a été écrasé par la foule (pour les heures de pointe)
- qui est venu sauver tout homme, même la dame désagréable à côté de moi (celle qui a fait exprès de vous écraser les pieds avec son caddie plein, et qui évidemment ne s’excuse pas)
- qui a souffert de la chaleur (pour les trajets en pleine canicule)
- qui a accueilli les petits enfants (pour les trajets dans lesquels vous êtes pris avec la sortie scolaire de l’école du coin)
… est béni."

3Prier pour son voisin

Enfin, à l’instar du "devoir de s’asseoir" des Équipes Notre-Dame, Juliette Ploquin invite, de temps en temps, à vivre un "devoir de s’asseoir" avec ses voisins de métro. "Je ne vous demande pas de les regarder avec des yeux enamourés – ça pourrait vous causer des problèmes – mais de prendre le temps, discrètement, de les contempler. Gratuitement", insiste la religieuse. "Sans chercher à leur inventer une histoire, sans vous demander où ils vont, ni d’où ils viennent, ni leur âge, ni rien. Sans décrypter. Mais seulement contempler. Prier pour eux peut-être. Et demander à Dieu de vous montrer en eux le visage du Christ."

Pratique

Bréviaire du métro, Petit guide de survie spirituelle dans la jungle des transports en commun, Juliette Ploquin, Editions Emmanuel, août 2025, 13 euros.
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