Si l’Église ne s’est pas encore prononcée sur les apparitions de la Vierge Marie à Notre-Dame du Marillais en 430, son histoire est pourtant étroitement liée à la fête de la Nativité de la Vierge Marie que l'Église célèbre chaque année le 8 septembre. Depuis près de quinze siècles, sur les bords de la Loire, en Anjou, ce sanctuaire rappelle l’origine méconnue de cette grande fête liturgique. C’est ici qu’en l’an 430, la Mère de Dieu est apparue à saint Maurille, évêque d’Angers et disciple de saint Martin, au lieu-dit la Croix Pichon.
Une nouvelle fête mariale
Pour que ses tâches épiscopales portent du fruit, saint Maurille avait pour habitude de se ressourcer dans la prière et la solitude. Aussi, il se retirait régulièrement dans l’ermitage du Mont Glonne, qui domine la Loire, où s’élève aujourd’hui le bourg de Saint-Florent-le Vieil. C’est ici que la Vierge Marie lui est apparue un jour, révélant que Dieu veut que soit instituée une fête en l’honneur de sa naissance, à la date du 8 septembre. Maurille, grand dévot marial, a introduit sans tarder cette célébration qui a longtemps gardé le nom de Notre-Dame l’Angevine.
Ce qui n’était encore qu’une intuition spirituelle portée par un évêque de l’Ouest allait résonner jusqu’à l’Orient chrétien. L’année suivante, en 431, le Concile d’Éphèse proclame la maternité divine de Marie, lui donnant le titre de Théotokos, Mère de Dieu. Un tournant majeur dans l’histoire de la foi. En ce sens, l’apparition au Marillais, bien que discrète et restée locale, s’inscrivait dans une dynamique spirituelle plus large : celle de reconnaître Marie non seulement comme la mère de Jésus, mais comme celle dont la naissance devait être fêtée avec solennité, à l’instar de son Fils. Peu à peu, la fête du 8 septembre, déjà connue à Milan et en Orient, gagna toute l’Église d’Occident, intégrant ainsi officiellement le calendrier liturgique.
Un sanctuaire enraciné dans l’histoire
À la fin du XIXᵉ siècle, sur les lieux de l’apparition, un sanctuaire a été construit par les Missionnaires Montfortains. Le 8 septembre 1873, le plus gros pèlerinage, conduit par Mgr Freppel, évêque d’Angers, réunissait 50.000 personnes venues d’Anjou, de Vendée et de Bretagne. Vers 1913, une chapelle prit forme, et au lendemain de la Première Guerre mondiale, une haute tour carrée de 40 mètres est venue dominer la vallée de la Loire. En 1931, le pape Pie XI, par l’intermédiaire de Mgr Rumeau, a reconnu officiellement le titre de Notre-Dame du Marillais. Le sanctuaire, qui accueille notamment des pèlerinages de mères, de familles, vit de façon discrète mais fervente. Aujourd’hui, la Croix du Pichon, érigée à l’endroit de l’apparition, rappelle le jour où la Vierge a révélé elle-même le jour de la fête de sa naissance.









