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“La Tenture de la vie de la Vierge”, à Beaune, chef-d’œuvre de l’art médiéval

TAPISSERIE-NOTRE-DAME-DE-BEAUNE-GODONG

Tapisserie Notre-Dame de Baune.

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Sophie Roubertie - publié le 07/09/25
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Alors que l’Eglise fête, ce 8 septembre, la Nativité de la Vierge, Aleteia vous fait découvrir un ensemble exceptionnel de tapisseries consacrées à la vie de la Vierge, conservées à la collégiale Notre-Dame de Beaune.

La collégiale Notre-Dame de Beaune abrite un ensemble exceptionnel de cinq tapisseries du XVe siècle, sous le nom de "Tenture de la vie de la Vierge". Fragiles, elles ont néanmoins échappé aux changements de mode, aux guerres et à l’usure du temps. Les tapisseries de la collégiale Notre-Dame de Beaune datent de la fin du XVe siècle et sont considérées comme des chefs-d'œuvre de l'art médiéval. A cette époque, la mode est à l’installation de tapisseries entourant le chœur des églises. Elles remplacent les tentures de tissu ou de soie qui prévalaient auparavant. 

Les tapisseries de la collégiale de Beaune sont commandées par l’archidiacre Hugues Le Coq, chanoine du chapitre de Notre-Dame de Beaune, qui en fait cadeau à l’église. Elles sont livrées au chapitre des chanoines en 1500. Chacune des cinq pièces mesure 5 mètres sur 1,90, taille prévue pour s’adapter parfaitement aux dimensions du chœur. 

Les tapisseries illustrent des épisodes de la vie de la Vierge, en 21 scènes. La Dormition de la Vierge en est la pièce maîtresse. Les détails de la scène sont d’une grande précision. Les douze apôtres entourent la Vierge, qui repose paisiblement, les yeux ouverts, sur un lit drapé de rouge. 

Un ensemble exceptionnel

La fragilité de ces travaux d’aiguilles et des étoffes fait qu’il est rare de trouver un ensemble de tapisseries d’église aussi bien conservé. Il est encore plus exceptionnel de pouvoir les admirer dans leur lieu d’origine, celui pour lequel elles ont été conçues. 

Mariage de Marie et Joseph. Tapisserie de la collégiale Notre-Dame de Beaune.

La chaîne de la tapisserie est en laine, la trame est en laine et soie, et la doublure, en lin. Les spécialistes apprécient particulièrement la luminosité et la variété des couleurs utilisées, qui confèrent à la scène une grande vivacité, ainsi que la beauté des costumes, témoignant du raffinement de l’époque.

Une œuvre oubliée puis redécouverte

Après l’installation des tapisseries dans la collégiale, l’habitude est prise de ne les tendre que temporairement, en fonction des temps liturgiques et des fêtes religieuses. Ces expositions épisodiques, évitant l’exposition trop fréquente au soleil et à la lune, ont permis de conserver la vivacité des couleurs. Les restaurations sont régulières, mais insuffisantes pour éviter l’usure de certaines pièces. Si des nettoyages approfondis sont entrepris, ce n’est pas plus d’une fois par siècle !

Présentation de Jésus au temple. Tapisserie de la collégiale Notre-Dame de Beaune.

Au XVIIIe siècle, les goûts changent, le jubé est abattu, et les tentures, décrochées. Les conditions de leur conservation ne sont pas idéales, elles sont entreposées dans les combles de la collégiale. Mais alors que la statuaire et le mobilier de la collégiale sont détruits lors de la Révolution, les tapisseries échappent à ce sort, peut-être parce que cachées aux yeux des destructeurs. 

Redécouvert au XIXe siècle, l’ensemble est restauré, ce qui permet de redécouvrir des détails cachés par la poussière et la saleté. Une des pièces est même retrouvée alors qu’elle sert de tapis dans une maison de la ville. Ce sont les sœurs de l’Hôtel-Dieu qui procèdent à la restauration. Pendant des décennies, la tenture n’est exposée que rarement. Au milieu du XXe siècle, on conserve encore les tapisseries roulées, dans la sacristie. Elles sont déroulées à même le sol pour les visiteurs qui voudraient les voir. 

Couronnement de la Vierge. Tapisserie de la collégiale Notre-Dame de Beaune.

Les problèmes de conservation liés à l’humidité et aux variations de température sont désormais bien pris en compte, après une restauration à la fin du XXe siècle, tandis que le mode d’accrochage retenu évite les tiraillements des anneaux d’origine. 

Cette pièce prestigieuse reste désormais offerte à la contemplation des visiteurs, hors de la saison froide, pendant laquelle elle rejoint des températures plus conformes à ses besoins de conservation. 

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