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La figure du berger demeure omniprésente dans la Bible et l’Ancien Testament aura recours à maintes reprise à cette métaphore, non seulement au fameux psaume 22 "Le Seigneur est mon berger", mais également chez les Prophètes qui, tous, souligneront cette figure essentielle dans la vie quotidienne des Juifs en ces temps antiques. Jean, dans son évangile (Jn 10, 1-18), atteste lui aussi de l’importance du berger en rapportant les paroles de Jésus. À la lecture de cet évangile bien connu, les premiers chrétiens purent ainsi très tôt comprendre le message christique, celui d’un berger portant sur ses épaules une brebis : "Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers".
Et parce qu’extrêmement éloquente, cette parabole inspirera dès lors les premières représentations artistiques de l’art chrétien avec cette image du Bon Pasteur portant sur ses épaules une brebis et que l’on retrouve très tôt dès le Ier et IIe siècles après Jésus-Christ sur les parois des catacombes romaines, premières sépultures des chrétiens persécutés. Cette image était particulièrement familière pour un public habitué aux tâches agraires quotidiennes de cette époque. Notons aussi qu’afin de mieux se faire comprendre, Jésus posant cette parabole pousse plus loin encore la métaphore en précisant qu’Il est non seulement le berger qui s’occupe de ses brebis, mais souligne également la porte par laquelle elles doivent passer pour accéder à la liberté…
Le bon pasteur
La parabole du Bon Pasteur vient également souligner l’abnégation totale du Sauveur pour l’humanité au point de donner sa vie pour ses brebis, ce qui ne sera pas qu’une image pour Jésus qui n’hésitera pas à se sacrifier pour le salut des âmes, une liberté sacrificielle au cœur du christianisme. Dans cette parabole insistant sur le lien intime unissant le berger à ses brebis, Jésus avertit encore que nombre de faux pasteurs useront et abuseront d’elles, tels des mercenaires, et ce, pour leur seul profit. C’est pour ces raisons que Jésus poursuit encore cette parabole en indiquant qu’Il aura beaucoup de brebis à rassembler, signifiant ainsi combien son action missionnaire, et celle de ses disciples, ne saurait se limiter à celles et ceux qui l’écoutent, mais embrasse bien l’humanité tout entière.

Nombreux seront les artistes à développer cette parabole biblique, non seulement lors des premiers temps chrétiens, nous l’avons vu, mais aussi à des époques moins lointaines notamment au XVIIe siècle avec le grand peintre Philippe de Champaigne et ce superbe tableau "Le Bon Pasteur" dans lequel l’artiste parvient à saisir ce lien unique unissant le pasteur à sa brebis dans un acte émouvant de confiance et de proximité et dont la virtuosité des bleus vient en souligner toute la majesté.










