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Pier Giorgio Frassati, le saint de Jean Paul II

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Cyprien Viet - publié le 05/09/25
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Jean Paul II n’avait que cinq ans lors du décès de Pier Giorgio Frassati et ne l’a donc pas connu, mais il a souvent manifesté son attachement à cet homme proche de sa sensibilité, passionné d’alpinisme et rempli d’humour et de sens de l’amitié. L’homélie de sa messe de béatification, en 1990, offre un éclairage intéressant sur ce lien à l’approche de la canonisation du jeune Italien décédé il y a 100 ans.

Un "témoin moderne" et un "défenseur courageux" de l’espérance, "au nom des jeunes chrétiens du XXe siècle" : en célébrant, le 20 mai 1990, la béatification de Pier Giorgio Frassati (1901-1925), Jean Paul II ne cache pas son affection personnelle pour cet "apôtre du Christ joyeux et enthousiaste".

"Le style de vie de Pier Giorgio Frassati, un jeune homme moderne, plein de vie, ne présente pas grand-chose d’extraordinaire", reconnaît Jean Paul II, tout en remarquant que "c’est précisément cela qui fait l’originalité de sa vertu, qui invite à réfléchir et qui pousse à l’imitation". En remarquant que ses 24 années de vie ont montré "un crescendo continu jusqu’aux derniers jours de la maladie qui le conduira à la mort" en 1925, Jean Paul II explique que "le goût du beau et de l’art, la passion pour le sport et pour la montagne, l’attention accordée aux problèmes de la société n’empêchent pas son rapport constant avec l’Absolu".

"Le message que Pier Giorgio Frassati transmet aux hommes de notre temps, surtout à vous, jeunes, désireux d’offrir une contribution concrète et renouveau spirituel à notre monde, qui semble parfois se diviser et languir à cause d’un manque d’idéaux", martèle Jean Paul II dans cette homélie de 1990. Ces mots trouvent un écho particulier en cette année 2025, marquée par de nombreux signes de mal-être de la jeunesse mais aussi par le réveil d’une soif spirituelle.

Frassati, une figure de référence de la "génération JMJ"

Depuis une trentaine d’années, le visage de Pier Giorgio Frassati s’est popularisé parmi les jeunes catholiques, notamment ceux ayant participé aux différentes Journées mondiales de la Jeunesse initiées sous le pontificat de Jean Paul II. Une figure clé a également contribué à faire connaître cette figure : Wanda Gawronska, la nièce du nouveau saint. Née en 1929, cette ancienne photographe de mode n’a pas directement connu son oncle décédé quatre ans auparavant, mais elle demeure très active dans la promotion de sa cause.

Fille de Luciana Frassati (1902-2007), la sœur de Pier Giorgio, qui eut une longévité aussi exceptionnelle que fut brève la vie de son grand frère, Wanda Gawronska est polonaise par son père, le diplomate Jan Gawronski (1892-1983). En prenant la présidence de l’association Pier Giorgio Frassati, Wanda Gawronska s’est mobilisée pour faire connaître la vie à la fois ordinaire et édifiante de son oncle.

Pier Giorgio Frassati

Frassati est ainsi devenu une figure bien connue non seulement en Italie mais aussi en Pologne, où le futur pape Jean Paul II le considérait déjà comme une référence avant son élection au Siège de Pierre. "Jean Paul II disait que Pier Giorgio était un modèle pour nous tous", avait témoigné Wanda Gawronska dans un entretien à Aleteia en 2018. Elle y confiait avoir reçu une lette d’un jeune Polonais qui lui écrivait : "Pier Giorgio a réussi à atteindre la sainteté, pourquoi est-ce que je n’y parviendrais pas ? Cela vaut la peine d’essayer."

Jean Paul II, en visitant le 30 mars 1985 une exposition sur Frassati organisée au Latran, signa sur le Livre d’or avec cette simple expression : "Pier Giorgio - jeune des béatitudes". Une façon de signifier qu’il le considérait comme "un homme pleinement heureux", y voyant une figure lumineuse et inspirante pour les nouvelles générations.

Jean Paul II, un pont entre Pier Giorgio Frassati et Carlo Acutis

L’autre saint canonisé ce dimanche a aussi un lien avec la Pologne et avec Jean Paul II : Carlo Acutis doit en effet une grande partie de son éveil spirituel à une jeune fille au pair polonaise, Beata, qui l’a pris en charge durant son enfance au début des années 1990. Cette jeune femme, très admirative de Jean Paul II, avait sensibilisé cet enfant à la dévotion mariale, à la charité envers les pauvres et aux fondements du catéchisme.

C’est certainement en grande partie grâce à elle que le jeune Carlo a pu développer une foi vibrante, qui finira par bouleverser ses parents, retrouvant ainsi le chemin de l’Église après une longue période de distance. C’est d’ailleurs avec ses parents que le jeune homme rencontrera Jean Paul II au cours d’un pèlerinage à Rome.

Si Karol Wojtyla fut un disciple de Frassati, Carlo Acutis fut donc pour sa part, en quelque sorte, un disciple de Jean Paul II : le saint pape polonais sera donc au centre de cette double canonisation très attendue, et qui sera suivie avec un enthousiasme particulier en Pologne.

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