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Abus sexuels : déjà 30 signalements au diocèse de Nantes

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Groupe scolaire privé Saint-Stanislas (Nantes).

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La rédaction d'Aleteia - avec AFP - publié le 05/09/25
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Après les révélations fin août de violences sexuelles commises pendant des décennies au collège-lycée Saint-Stanislas de Nantes, la cellule d’écoute du diocèse a déjà reçu une trentaine de témoignages en moins d’une semaine.

La cellule d'écoute du diocèse de Nantes a indiqué jeudi 4 septembre avoir reçu une trentaine de messages de victimes depuis son appel à témoignages lancé le 29 août, après la révélation de violences sexuelles commises durant des décennies au collège-lycée Saint-Stanislas par des prêtres.

Vendredi dernier, l'évêque de Nantes, Laurent Percerou, et le directeur diocésain de l'enseignement catholique, Frédéric Delemazure, avaient révélé que des viols, agressions sexuelles et attouchements avaient été commis entre 1958 et 1995 par cinq prêtres de l'établissement Saint-Stanislas ainsi qu'au moins un membre du personnel éducatif.

Les cinq prêtres mis en cause sont aujourd'hui décédés. Dix victimes mineures avaient été recensées, neuf hommes et une femme, tous collégiens à l'époque des faits. Mgr Percerou avait lors de la conférence de presse lancé un appel à témoignages, "quels que soient l'époque concernée, les délais, le temps passé". "L'important, maintenant, c'est que d'autres victimes potentielles puissent également s'exprimer", avait souligné l'évêque de Nantes.

Moins d'une semaine après cet appel, une trentaine de messages ont déjà été adressés à la cellule d'accueil et d'écoute du diocèse, actuellement composée de sept personnes. Cette cellule "va trouver des renforts pour organiser des rendez-vous avec les victimes, qui s'effectuent toujours par deux écoutants", a expliqué à l'AFP le diocèse.

Orientation des victimes vers l'Inirr

Les premiers témoignages concernent à 80% des faits survenus au collège de Saint-Stanislas et à 20% d'autres établissements scolaires, à Nantes et en dehors, précise-t-on de même source. Les victimes seront ensuite orientées vers les instances chargées de leur prise en charge, l'Inirr (Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation) et la CRR (Commission reconnaissance réparation) si cela concerne des instituts religieux. Parallèlement, le parquet de Nantes a ouvert une enquête après le suicide, en 2024, d'un quadragénaire ayant confié avoir été victime de violences sexuelles de la part d'un surveillant lorsqu'il était interne au collège Saint-Stanislas.

Créée en novembre 2021 à la suite d'un vote des évêques réunis en Assemblée plénière à Lourdes, l'Inirr est présidée par la juriste Marie Derain de Vaucresson, ancienne défenseure des enfants adjointe. Sur le modèle de la Ciase, cette instance indépendante a pour mission d'accompagner les victimes d'abus sexuels commis dans l'Église et de déterminer le montant de l'indemnité qui peut leur être attribuée. Depuis sa création en 2022, l'Inirr a été saisie par 1.580 personnes, selon son dernier bilan présenté le 25 mars 2025. Parmi elles, 1.235 ont déjà été accompagnées. L'instance comptait encore 350 dossiers en cours au 1er mars. L'instance a également enregistré 116 nouvelles sollicitations au cours des quatre premiers mois de l'année 2025, avec un rebond en février et mars lié, selon sa présidente, "à la médiatisation des violences sexuelles dans l'Église en lien avec l'affaire Bétharram et les révélations autour de l'abbé Pierre".

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