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Le coup de gueule de Sylviane Agacinski à propos de la “GPA éthique”

Interview de Sylviane Agacinski à propos de la « GPA éthique » sur France Inter, jeudi 4 septembre.

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Domitille Farret d'Astiès - publié le 04/09/25
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Interrogée ce jeudi 4 septembre lors de la Grande Matinale de France Inter, la philosophe et membre de l’Académie française Sylviane Agacinski a violemment dénoncé la "GPA éthique".

Alors que l’entourage de Gabriel Attal a annoncé le 21 août lors d’un échange avec la presse que la question de la légalisation d’une "GPA éthique" serait discutée dans le cadre d’une "convention thématique", la philosophe Sylviane Agacinski était ce jeudi 4 septembre l’invitée de Nicolas Demorand lors du débat de la Grande Matinale, face à Daniel Borrillo, juriste spécialiste de bioéthique. L’occasion pour la philosophe et membre de l’Académie française, auteur de L’Homme désincarné et de Corps en miettes, d’affirmer à nouveau sa position sur la "GPA éthique". Rappelant que ce débat existe depuis plus de trente ans et s’appuyant sur l’expression selon elle plus justifiée de "mère porteuse", elle a commencé par dénoncer "ce terme qui est fait pour masquer la chose" : "pour moi, c’est absolument comme si on disait un esclavage éthique", a-t-elle lancé sans ambages.

Les choses peuvent se donner ou se vendre, les personnes n’ont pas de prix.

"L’esclavage n’a pas été simplement aboli parce que les esclaves étaient maltraités, malheureux : il a été aboli pour une raison très simple, c’est qu’on ne peut pas confondre juridiquement – c’est un des piliers du droit et de l’éthique – les personnes et les choses : les choses peuvent se donner ou se vendre, les personnes n’ont pas de prix". Face à Daniel Borrillo défendant "une pratique strictement encadrée médicalement et juridiquement", la philosophe a fustigé une instrumentalisation de la personne manifeste : "la maternité ne peut ni s’acheter ni se vendre car cela revient à acheter ou vendre également un bébé".

Pour elle, cette utilisation du corps de la femme est un abus. "La GPA, c’est un abus absolu, et c’est pourquoi je refuse avec beaucoup d’autres le terme de GPA qui nous fait croire que l’on utilise tout simplement le ventre d’une femme". Convoquant l’expression américaine womb for rent, soit littéralement "utérus à louer", elle poursuit en expliquant que le mot gestation en France a été fait "pour remplacer le mot mère porteuse, pour barrer le mot mère, pour supprimer la maternité, pour supprimer l’idée que la mère porteuse était une vraie mère". Et de développer : "on est dans une instrumentalisation, non pas de son utérus, mais de sa vie toute entière !". Une femme qui est enceinte l’est "de la tête aux pieds, du soir au matin, neuf mois sur neuf, avec cette communication à l’enfant".

Alors qu’un rapport de l’ONU publié le 23 août condamne fermement la pratique de la GPA "sous toutes ses formes" au nom de la défense des droits des femmes et des enfants, la philosophe rappelle qu’il "s’agit de la femme enceinte et de l’enfant : qu’on le donne ou qu’on le vende, on le traite comme un objet, on fait une convention sur la tête d’un futur enfant, ce qui est absolument contraire aux droits fondamentaux de la personne humaine et de la femme […]. Il s’agit d’un abus intrinsèque."

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