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Les trois devises de Pier Giorgio Frassati

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Pier Giorgio Frassati

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Erwan Barraud - publié le 03/09/25
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Pier Giorgio Frassati, canonisé ce 7 septembre, n’a jamais avancé dans la vie au gré du vent ni au hasard. Résolu et déterminé, il a vécu en s’appuyant notamment sur trois devises.

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Son expérience de la montagne – mais aussi l’éducation exigeante de ses parents –ont appris à Pier Giorgio Frassati qu’il faut savoir où l’on va. Il est résolu et déterminé, et sait faire preuve d’inventivité et d’audace s’il faut ouvrir de nouvelles voies ou monter par la via non academica. Sur ce chemin, Pier Giorgio s’appuie notamment sur trois devises. Verso l’alto, vers le haut ! La devise notée simplement au dos de la photo de cette dernière ascension résume bien son état d’esprit, mais Pier Giorgio était animé de deux autres devises que l’on découvre dans sa correspondance. 

Lors de sa dernière ascension, le 7 juin 1925, Pier Giorgio et ses compagnons avaient l’intention d’ouvrir une nouvelle voie, comme il l’écrit à son ami Marco, mais ils se sont égarés et ont finalement dû monter par la voie normale : "Si nous étions parvenus à notre but, l’excursion de dimanche aurait été une première, parce que nous aurions pu baptiser une nouvelle voie. (…) un de ces dimanches, nous y retournerons avec des pitons et nous aurons l’honneur d’emporter la victoire et de pouvoir lui donner le nom de "voie des Types louches et autres compères" (Lettre à Marco Beltramo, du 22 juin 1925). "La voie des Types louches” (nom de leur groupe d’amis) : et si c’était là l’indice d’un chemin de sainteté toujours à réinventer, dénotant peut-être avec les modèles parfois stéréotypés ?  

Verso l’Alto 

La correspondance de Pier Giorgio révèle une vie emplie de rêves et d’objectifs. "Je désire plus que jamais escalader les monts, vaincre les sommets les plus difficiles, éprouver cette joie pure qu’on ne trouve qu’en montagne" (Lettre à Antonio, du 13 août 1923). Atteindre des sommets en cette vie est une manière de franchir des étapes et d’avancer vers le Sommet des sommets. 

Parce que la montagne est son école de vie spirituelle, toute sa vie est résolument orientée vers un but, comme une unique ascension. Il ne veut pas vivoter ni vivre à moitié et cela a pour conséquence qu’il use toujours de son temps fructueusement. "Il semblait, témoigne un autre étudiant, qu’il n’eut jamais assez de temps pour accomplir les tâches trop nombreuses de sa jeunesse et que, pour lui, les jours n’eussent pas assez de vingt-quatre heures – car un jour n’est qu’un instant dans sa jeune vie de vingt-quatre ans." Monter, s’élever, et entraîner vers le haut ! Mais cela ne va pas sans effort et sans épreuves. 

Per aspera, ad Astra

Lorsqu’il raconte une ascension, Pier Giorgio décrit souvent les différentes voies possibles, académiques ou non, faciles ou périlleuses, et les choix qu’il a dû faire pour parvenir au sommet. De même, "la difficile ascension de la vie, route hélas très dure" (Lettre du 29 juillet 1924), nécessite également de faire de vrais choix. Pier Giorgio préfère relever les défis plutôt que la facilité. Il cite parfois cette maxime latine devenue sienne : per aspera, ad Astra ! À travers les aspérités, vers les étoiles ! Il la transmet par exemple à Laura Hidalgo en juin 1924 : "je suis certain que vous serez fidèles à la devise : per aspera, ad Astra  (Par les difficultés, vers les étoiles).

"Les épreuves, sur lesquelles nous reviendrons, lui servent "à poursuivre dans la voie droite vers le but" ( Lettre à Isidoro Bonini, du 28 décembre 1924). Dans ses Notes pour un discours sur la charité, il exprime ainsi la différence entre le chemin étroit et le chemin large, reprenant l’image évangélique (Mt 7, 13-14) : "Je sais que ce chemin étroit et difficile est semé d’épines, tandis que l’autre voie pourrait, à première vue, sembler plus attrayante, plus facile et plus satisfaisante. Mais si nous pouvions sonder le cœur de ceux qui, par malheur, suivent les chemins pervers de ce monde, nous nous apercevrions qu’ils ne connaissent jamais la sérénité qu’acquiert celui qui a affronté mille difficultés et renoncé à un plaisir matériel pour emprunter la voie de Dieu". "Il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent" (Mt 7, 14). 

Mon cœur est sans repos 

Dans Les Confessions de son cher saint Augustin, Pier Giorgio puise une dernière devise : "Notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi". Le but qu’il poursuit désormais, c’est Dieu lui-même. Et il ajoute "insensé est celui qui court après les joies du monde, car celles-ci sont toujours passagères, et n’apportent que douleurs, tandis que la seule joie véritable est celle que nous donnent la foi et les compagnons que nous aurons aimés" (Lettre à Isidoro Bonini, du 28 décembre 1924). Pour lui, les amitiés sont vitales et nourrissantes, peut-être d'autant plus que sa cellule familiale est réduite et que les relations y sont tendues. Ces amitiés, nourries par une profonde complicité de foi en Dieu, sont toujours vécues sous son regard, notamment les relations avec les jeunes femmes : "je suis heureux d’avoir connu, dans ma vie, des jeunes filles si pleines de bonté et si vertueuses, auprès desquelles il y a tant à apprendre" (Lettre à Marco Beltramo, du 14 novembre 1924). Laura Hidalgo peut le confirmer : "Il plaçait toujours le Seigneur entre lui et nous comme un trait d’union et le Seigneur sanctifiait l’amitié, la joie, tous les sentiments, tous les instants de notre vie" (Victor Marmoiton, Pier Giorgio Frassati, Toulouse, 1937, p. 141). 

Le vrai sommet, celui qui élève notre âme, exige parfois de renoncer par amour à d’autres sommets, si tentants soient-ils. De tels sacrifices unissent le cœur à Dieu et l’établissent dans la paix et la joie, au prix parfois de lourdes souffrances. "Le Ciel en est le prix" comme le chantait la petite Thérèse (Le Ciel en est le prix. Poésie de 1896).  

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