Un quart des Français âgés de 15 à 29 ans disent souffrir de dépression, selon une enquête publiée le 2 septembre de la Mutualité Française, l’Institut Montaigne et l’Institut Terram. Un chiffre en nette augmentation par rapport aux années précédentes.
Un jeune Français sur quatre (25%) âgé de 15 à 29 ans souffrirait de dépression, révèle une enquête de la Mutualité française, de l’Institut Montaigne et de l’Institut Terram, publiée ce mardi 2 septembre. Les chiffres de cette étude, réalisée auprès de 5.600 jeunes, dépassent les données déjà alarmantes de Santé publique France. En 2021, 20,8% des 18-24 ans déclaraient souffrir de dépression, contre 11,7% seulement en 2017. En quelques années, le malaise s’est donc amplifié.
Précarité, isolement social, pression scolaire, incertitudes liées à l’avenir mais aussi aux crises nationales et internationales... les causes de ce mal-être sont multiples. Et de nombreux jeunes n’osent pas demander de l’aide. Seuls 38% ont déjà parlé de leur santé mentale à un professionnel. Parmi ceux qui ne l’ont pas fait, 24% évoquent "la peur du jugement ou de la stigmatisation", 17% le coût des consultations et 18% le sentiment que cela ne les aiderait pas. Face à ce constat, ils souhaitent que l’accès aux soins psychologiques soit facilité, que la sensibilisation soit renforcée, mais surtout que les soins soient plus accessibles financièrement (34%). À travers cette étude, un appel se dessine avec force : "faire de la santé mentale des jeunes un axe structurant de notre contrat social", indiquent les auteurs de l’étude.
Le rôle des parents dans la prévention de la santé mentale
Face à cette montée du mal-être, le gouvernement a fait de la santé mentale une grande cause nationale en 2025. Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour aider les jeunes à surmonter la dépression comme des lignes d’écoute (Le Fil Santé Jeunes, Nightline). De façon cumulative, les étudiants inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur reconnu par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et en situation de mal-être peuvent bénéficier du dispositif Santé Psy Etudiant. Gratuit, il permet de réaliser jusqu’à douze séances avec un psychologue partenaire. Sans oublier que la foi peut aussi être affrontée avec l’aide de Dieu. De célèbres saints ont aussi été confrontés à la dépression, ou tout du moins à des accès de mélancolie. Pourquoi ne pas les invoquer pour recevoir, par leur intercession, des grâces particulières pour traverser cette épreuve ?
Les parents ont aussi un rôle essentiel à jouer dans la prévention des troubles psychiques de leurs enfants. Les signes de mal-être sont souvent discrets : un repli, une colère soudaine, une fatigue sans fin, une passion qui s’éteint. Les troubles psychiques ont des causes multiples : biologiques, sociales, affectives. "Ce n’est pas une affaire de volonté. Encore moins de bonne éducation", explique à Aleteia Jean-Baptiste Baudier, psychologue clinicien et co-auteur de l’ouvrage S’initier à la Psychologie Positive (Eyrolles). Alors que faire ?
"D’abord, écouter vraiment", conseille le spécialiste. "Observer, sans fliquer. Poser des repères : le sommeil, l’alimentation, les écrans. S’interroger non pas sur ce que le jeune regarde, mais sur ce qu’il ressent. Et se poser aussi, comme parents, quelques questions simples mais précieuses : Est-ce que ça dure ? Est-ce que ça fait souffrir ? Est-ce que ça empêche de vivre normalement ?" Et le psychologue de poursuivre : "Si la réponse est oui, alors il est temps d’en parler et de chercher de l’aide, sans attendre. Consulter, c’est mettre des mots, ouvrir une voie, éviter qu’un malaise ne devienne une blessure durable. Demander de l’aide, ce n’est jamais un échec. C’est un acte d’amour."












