François Bayrou persiste et signe. Le Premier ministre était reçu ce mercredi 3 septembre sur le plateau de BFM TV pour défendre son projet de budget à 44 milliards d’euros d’économies, à quelques jours du vote de confiance qui doit avoir lieu à l'Assemblée et qui semble sérieusement compromettre le maintien du gouvernement actuel. "La France a une situation particulière, qui est une situation d'affaiblissement incroyable", estime-t-il pour justifier cette prise de risque tout en appelant à la responsabilité des parlementaires pour conjurer le sort de l'instabilité politique : "est-ce que ça va servir au pays ?", a-t-il interrogé. "Si vous représentez les Français, demandez-vous où est l’intérêt national", a-t-il averti avant de se montrer hostile à une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale par le président de la République.
Ce dernier avait déjà eu recours à ce mécanisme le 9 juin 2024, au lendemain du résultat des élections européennes. Une opération finalement contreproductive, reconnaît François Bayrou qui voit dans une éventuelle nouvelle dissolution un "risque" :"Est-ce qu’il est logique et cohérent d’imaginer qu’une prochaine dissolution apporterait plus de clarté ? Je ne le crois pas."
Suppression des jours fériés : Bayrou maintient le cap
Lors de son interview, le Premier ministre s'est notamment dit prêt à revenir sur la suppression proposée de deux jours fériés, mesure très impopulaire qui avait suscité une levée de boucliers, dès lors que des "alternatives" seront trouvées. La suppression du lundi de Pâques et du 8 mai devrait ramener 4,2 milliards d'euros, selon le chef du gouvernement. "Je suis tout à fait prêt à ce que nous examinions ensemble d'autres pistes d'économies si elles rapportent un montant équivalent", a ainsi déclaré François Bayrou.
Autre mesure soutenue par le Premier ministre ce mercredi, celle d'un durcissement de l'accès à l'Aide médicale d'État (AME) pour les étrangers qui permet l'accès aux soins des personnes en situation irrégulière sur le territoire national. Il a confirmé avoir soumis pour avis au conseil de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) deux projets de décrets visant à réduire les conditions d’accès au dispositif actuel, tout en diminuant la liste des soins remboursables (comme la balnéothérapie, cité en exemple par François Bayrou). Parlant d'une "mesure de bons sens", François Bayrou a ainsi déclaré qu'on "ne peut pas demander aux Français de faire des efforts et ne pas associer les étrangers".
Le vote de confiance qui doit avoir lieu le 8 septembre ne semble pas effrayer le Premier ministre, qui refuse d'être "défaitiste", tout en reconnaissant le risque accru de chute de son gouvernement. Toutes les oppositions sont déjà vent debout contre le projet de budget et ont assuré ne pas voter la confiance. En cas de vote défavorable, François Bayrou devra présenter la démission de son gouvernement, moins d’un an après avoir succédé à Michel Barnier, renversé lui-même par une motion de censure sur les textes budgétaires.










