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Élisabeth Borne propose de “dégenrer” la devise du Panthéon

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Le Panthéon.

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Agnès Pinard Legry - avec AFP - publié le 01/09/25
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"Dégenrer" la devise inscrite sur le fronton du Panthéon afin d’inclure les femmes, c’est ce que propose la ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne. Une idée qui ne manque pas d’interpeller sur la nature même du Panthéon.

"Aux grands Hommes la patrie reconnaissante." Cette devise inscrite sur le fronton du Panthéon est-elle gravée dans le marbre ? Non à en croire la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne. Reconnaître "l'importance et la place des femmes dans notre histoire et dans notre société" est "très important", a souligné-t-elle souligné ce lundi 1er septembre sur RTL en réitérant sa proposition "d'ouvrir le débat" sur la devise inscrite au fronton du Panthéon.

Lors de sa conférence de presse de rentrée, le 27 août, la ministre avait estimé que cette devise, "Aux grands Hommes la patrie reconnaissante", devait "reconnaître explicitement la place de Marie Curie, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Simone Veil et Joséphine Baker, et de toutes celles qui les suivront". Outre ces cinq femmes "panthéonisées", deux y sont honorées en lien avec leur mari : la première en 1907, Sophie Berthelot, fut la conjointe du chimiste Marcelin Berthelot qu'elle assistait dans ses recherches, tandis que Mélinée Manouchian, entrée en 2024, formait avec Missak Manouchian un couple de résistants d'origine arménienne.

Reconnaître la place des femmes

Car "si, en levant les yeux, elles ne voient pas la société reconnaître pleinement la place des femmes dans son histoire, alors nous leur envoyons un message contradictoire", avait-elle déclaré. Interrogée sur le sujet ce 1er septembre, elle a affirmé: "L'égalité entre les filles et les garçons, c'est quelque chose de fondamental, c'est pour ça que j'ai lancé un plan ‘Filles et maths’ pour qu'il y ait plus de filles qui aillent vers les matières scientifiques". 

"Qu'est-ce qu'il faudrait écrire ? Je pense qu'il y a des gens mieux placés que moi pour le savoir", a poursuivi la ministre. "Ça ne m'a pas échappé que hommes, ça peut vouloir dire humanité, mais je pense que c'est important, ça peut aussi, dans l'esprit des révolutionnaires qui l'ont inscrit, vouloir dire hommes". "Et je crois que c'est important de reconnaître aussi la place des femmes et de dire à toutes les jeunes filles qu'elles ont toute leur place dans notre société", a conclu la ministre.

De l'église sainte-Geneviève au Panthéon

Un débat ouvert qui ne doit pas faire oublier la nature même du Panthéon. C'est Louis XV qui, en 1764, pose la première pierre de cette nouvelle église dédiée à la patronne des Parisiens, sainte Geneviève, qui domine la ville par son emplacement stratégique. Au cœur du centre historique de la cité antique, elle s'établit à deux pas de l'Université et des reliques de la sainte. Devenu Panthéon sous la Révolution, en 1791, l'édifice oscille entre sanctuaire laïc et sanctuaire catholique pendant près d'un siècle. Tour à tour église puis nécropole nationale, sa fonction évolue avec les régimes politiques jusqu'à garder définitivement son rôle de Panthéon en 1885, sous la Troisième République, avec les funérailles de Victor Hugo.

Au fil des siècles, le Panthéon a changé de visage et de vocation, mais Dieu a-t-il vraiment jamais vraiment quitté ce lieu ? il continue de veiller sur la mémoire des hommes et des femmes qui ont marqué l’histoire, rappelant que toute grandeur humaine trouve sa source dans la transcendance et l’amour du Créateur.

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