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Cours de français pour les étrangers : l’État attaqué en justice

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Cours de français à des réfugiés donné dans une antenne du Secours catholique.

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AFP - publié le 01/09/25
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Plusieurs associations dont le Secours catholique-Caritas France ont saisi la justice le 1er septembre pour contester la dématérialisation des cours de français destinés aux étrangers, estimant que ce dispositif risque d’exclure ceux qui n’ont pas les moyens ou les compétences numériques nécessaires.

Plusieurs associations ont saisi la justice contre l'État pour obtenir que les cours de français dispensés aux étrangers souhaitant s'établir légalement en France ne soient pas dématérialisés, ont-elles annoncé ce lundi 1er septembre dans un communiqué. La Cimade, le Secours Catholique-Caritas France et la Fédération des Centres sociaux et socioculturels ont saisi vendredi le tribunal administratif de Paris en référé pour contester "le choix arbitraire de l'Offi" (Office français de l'immigration  et de l'intégration) de "dématérialiser la quasi-totalité de l’offre de formation proposée aux personnes étrangères".

Les plaignants demandent à la justice de suspendre en urgence l'exécution des marchés publics passés par l'Ofii en début d'année. En effet depuis le 1er juillet "la majorité des cours de français" prescrits par l'Offi aux étrangers "ne sont plus dispensés par des enseignants dans des salles de classe, mais sont entièrement dématérialisés" via une plateforme numérique où les exercices seront corrigés par l'intelligence artificielle, affirme le communiqué.

D'une main l'État durcit les exigences de maîtrise du français, de l'autre il dégrade les conditions pour les atteindre.

"D'une main l'État durcit les exigences de maîtrise du français, de l'autre il dégrade les conditions pour les atteindre" avec "une seule logique: réduire le nombre de titres de séjour", affirment les associations plaignantes, qui soulignent que les exigences en français pour obtenir un titre de séjour durable ainsi que la naturalisation doivent être rehaussées à partir du 1er janvier 2026.

Ce choix de la dématérialisation "met de côté les personnes ne disposant pas de moyens techniques (ordinateur ou connexion internet), des compétences numériques, des capacités d'apprentissage en autonomie, de temps ou simplement d'espace adapté".

De son côté le directeur général de l'Ofii Didier Leschi fait valoir que les cours continueront à être dispensés en présentiel aux étrangers "non-scripteurs, non-lecteurs" nécessitant le plus d'heures d'enseignement. Les autres "pourront le faire en distanciel" avec "un volume de cours non contingenté", affirme-t-il à l'AFP, en soulignant que "ce système est largement  utilisé en France et en Europe pour l'apprentissage des langues". Les associations relaient également un appel du collectif "Le français pour toutes et tous" à se mobiliser sur le sujet le 8 septembre, journée internationale de l'alphabétisation.

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