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Que faire devant la tentation ? Le conseil de Jean Kolobos

Jezus wypędza złego ducha
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Sophie Baron - publié le 31/08/25
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Que nous disent les Pères du Désert pour guider notre vie spirituelle, dans les circonstances très concrètes de notre vie ? Quand la tentation du retour au mal fait entendre sa petite voix, il ne faut pas s’illusionner sur ses bonnes intentions, comme la courtisane repentie du moine Jean Kolobos.

Le moine Jean, surnommé Kolobos — le "nain" — à cause de sa petite taille, était connu au IVe siècle dans le désert de Scété comme un grand maître spirituel. Il n’avait pas peur de prendre des exemples dans la vie courante. Un jour, le vieillard parla à l’un de ses frères de l’âme qui veut se convertir en racontant une histoire un peu leste, mais finalement très édifiante :

"Il y avait dans une ville une belle courtisane qui avait beaucoup d'amants. Un grand personnage, qui était venu à elle, lui dit : "Promets-moi de vivre honnêtement et je te prends pour femme." Elle le lui promit et il l'emmena avec lui dans sa maison. Or, ses amants, qui la regrettaient, disaient : "Ce personnage l'a prise dans sa maison. Si donc nous allons dans la maison et qu'il l'apprenne, il nous châtiera. Allons donc plutôt derrière la maison et sifflons-lui quelque chose ; elle reconnaîtra le sifflement, elle descendra jusqu'à nous, et nous, nous serons irrépréhensibles". Ayant donc entendu le sifflement, elle se boucha les oreilles et se précipita dans la chambre la plus retirée dont elle ferma les portes."

Il ne suffit pas de vouloir se ranger !

Comment comprendre l’histoire ? "Le vieillard disait que la courtisane, c'est l'âme ; ses amants sont les passions et les hommes. Le grand personnage, c'est le Christ ; l'appartement le plus intérieur, c'est la demeure éternelle ; ceux qui sifflent, ce sont les démons pervers, mais à tout moment l'âme se réfugie auprès du Seigneur." Nous voyons que la belle courtisane en question a une vaste clientèle qui la fréquente régulièrement, mais voilà que, sans doute, par désir de se ranger et de quitter sa vie aventureuse, elle accepte l’invitation d’un riche habitant d’Alexandrie qui lui propose le mariage et veut l’installer chez lui. Fin édifiante après une vie aventureuse. Mais il ne suffit pas de vouloir se ranger pour que tout se passe comme on l’a prévu !

Face à soi-même

Les clients de la dame n’ont pas envie de renoncer à ses étreintes assiègent sa maison et, comme ils craignent de défier le propriétaire, s’ils faisaient mine de rentrer, ils cherchent à entraîner la dame dehors. Un petit sifflement tentateur devant sa fenêtre devrait suffire à ranimer ses désirs et lui montrer que ses anciens amis sont toujours là et toujours empressés. Alors que fait-elle ? Va-t-elle parlementer avec eux et les inviter à aller voir ailleurs, va-t-elle leur montrer les avantages d’une vie moins débauchée ? Ils lui riraient au nez et profiteraient de la situation pour évoquer les attraits de sa vie d’autrefois et ils lui donneraient par là le regret de l’avoir quittée. Elle va donc dans la partie la plus retirée de la demeure, là où on n’entend pas le bruit de la rue, où on est face à soi-même. Ainsi, elle pourra faire le vrai choix, celui qui pourra la libérer. Elle tiendra dans cette position retirée, jusqu’à ce que tout le monde soit rentré chez soi et n’espère plus rien. Et là elle pourra faire place au véritable amour qu’elle a dans son cœur. Bien sûr, le riche propriétaire, c’est Jésus, lui qui a tout fait pour que l’âme (la courtisane) puisse se déprendre de l’attrait de l’argent et des plaisirs mauvais qui l’ont ensorcelée. Le moyen que celle-ci a trouvé, c’est de se retirer devant la tentation ; elle ne s’est pas illusionnée sur ses forces, elle s’est méfiée de ses bonnes intentions. Ne croyons pas trop facilement qu’on puisse faire face à toute tentation qui se présente à nous. Laissons mourir de faim le petit dragon qui sommeille en nous.

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