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Qaraqosh : onze ans après Daesh, un sanctuaire marial pour les chrétiens persécutés

Un soldat monte la garde à l'entrée de l'église de Saint-Jean lors de la célébration d'une messe, à Qaraqosh.

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Daniel Esparza - Cécile Séveirac - publié le 31/08/25
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Onze ans après avoir été chassée par Daesh, la communauté chrétienne de Qaraqosh s’apprête à inaugurer en octobre un sanctuaire dédié à Marie, Mère des persécutés. Symbole de résilience, il incarne la volonté de faire renaître une présence chrétienne meurtrie mais toujours vivante dans la plaine de Ninive.

À Qaraqosh, la communauté chrétienne renaît doucement de ses cendres. Onze ans après avoir été chassée de la ville emblématique de la plaine de Ninive par Daesh, elle s'apprête à inaugurer un nouveau sanctuaire dédié à Marie, Mère des chrétiens persécutés. Ce dernier ouvrira ses portes en octobre.

"Je trouve profondément symbolique d'avoir un sanctuaire où Daech a pris la plus grande ville chrétienne d'Irdak, a fait exploser et profané ses églises. Je me souviens avoir vu en 2018 les impacts de balles dans une église qu'ils utilisaient comme cible d'entraînement", a déclaré au journal américain The Pillar le père Benedict Kiely, fondateur de Nasarean.org, une association caritative qui soutient les chrétiens persécutés. Ce dernier a offert à l'archevêque Benedict Younan Hano, chef de l'archéparchie syriaque catholique de Mossoul, une icône destinée à intégrer le sanctuaire. Peinte par le diacre syriaque catholique Ibraheem Yaldo, de la ville irakienne voisine de Bartella, elle représente la Vierge à l'enfant, et porte les mots "Marie, Mère des Persécutés" écrits en araméen, langue du Christ encore parlée en certains lieux d'Irak, dont la plaine de Ninive.

Lors de l'arrivée de Daesh en 2014, les chrétiens de Ninive avaient été en grande partie contraints à l'exil. Les habitants de Qaraqosh avaient massivement fui devant l'avancée des terroristes depuis la ville de Mossoul, où la population chrétienne avait subi de graves exactions. Ce n'est qu'en 2016 que certains sont revenus, une fois la ville libérée par les Forces de mobilisation populaire, coalition paramilitaire de milices majoritairement chiites.

Les chrétiens d'Irak, une minorité menacée

Dans le monde, il existe six autres sanctuaires dédiés à Marie, Mère des chrétiens persécutés : la chapelle byzantine du Wyoming Catholic College à Lander, dans le Wyoming ; la paroisse Saint-Jean, Gardien de Notre-Dame à Clinton, dans le Massachusetts ; à l'église Saint-Michel à New York ; à l'église Notre-Dame de l'Assomption et Saint-Grégoire à Londres, en Angleterre ; à l'église Akalla à Stockholm, en Suède ; et à la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours à Astana, au Kazakhstan. Tous invitent à prier pour les chrétiens qui subissent violences, discriminations et humiliations pour leur foi au Christ.

L'Irak s'est presque entièrement vidé de sa population chrétienne, passant de 1.4 million en 2003 à 150.000 en 2021 selon les estimations les plus pessimistes. En cause, les persécutions, mais aussi les difficultés économiques qui découragent les chrétiens à rester chez eux, à la recherche d'une vie meilleure dans d'autres contrées. Ceux qui restent s'efforcent de reconstruire, coûte que coûte, le visage chrétien de l'Irak, notamment par la restauration d'églises et de sanctuaires à l'image de Notre-Dame de l'Heure, Notre-Dame du Perpétuel Secours, ou encore l'église syriaque-catholique Mar Touma.

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