Carême 2026
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"Je vais tenter de parler français, en comptant sur votre bienveillance !" Ces paroles, Léon XIV les a prononcées jeudi 28 août, en anglais, devant un parterre d’hommes politiques venus de la région parisienne. Puis il a enchaîné avec un long discours, lu intégralement en français.
Un exercice réussi, qu’il a déjà répété à cinq reprises depuis mai dernier. Parlée avec aisance par Jean Paul II et Benoît XVI, la langue française s’était faite plus discrète au Vatican sous François, qui la comprenait mais la parlait difficilement et rarement. Le français de son successeur garde un fort accent américain : il bute parfois sur certains mots, trébuche sur les lettres muettes ou le fameux "œ"… Mais il reste parfaitement compréhensible. Surtout, sa détermination à s’exprimer en français est largement saluée.
On a senti quelqu’un qui était attentif.
Présent à l’audience de jeudi 28 août, Jean-Philippe Gautrais, maire de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), a jugé "important" que Léon XIV fasse passer son message en français : "On a senti quelqu’un qui était attentif ; le projet de notre voyage avait été prévu avant qu’il ne soit élu pape, il aurait pu annuler l’audience, mais il nous a reçus."
D’où vient cette connaissance du français chez Léon XIV ? De ses grands-parents Prévost, originaires de Normandie et installés aux États-Unis au début du XXe siècle – son grand-père John étant professeur de langues romanes ? De son père, revenu sur les plages normandes en 1944 pour libérer la France ? Ou encore de sa mère, dont les racines créoles de Louisiane et d’Haïti la rattachent à l’histoire de la "Nouvelle-France" ?
La réponse se trouve sans doute en partie ailleurs : en Afrique. De 2001 à 2013, alors qu’il était prieur général des Augustins, Robert Francis Prevost s’est rendu à plusieurs reprises en République démocratique du Congo, où vivent plusieurs communautés augustiniennes, rapporte le site catholique suisse Cath.ch. Dans ce pays où le français fait souvent office de lingua franca, il n’avait guère d’autre choix que de l’utiliser pour communiquer avec ses frères.
Une attention à la France marquée
Si le pontife ne s’est encore jamais exprimé spontanément en français en public depuis son élection, le cardinal centrafricain Dieudonné Nzapalainga, qui l’a côtoyé au conclave, le confirme : "Le Pape comprend non seulement le français, mais il est aussi capable de le lire et de le parler", affirmait-il dans un entretien accordé à I.Media.
Au-delà de la langue, l’attention du Pape à l’égard de la France se révèle tout aussi marquée. Lors d’une récente audience, Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, l’a d’ailleurs remercié pour les nombreuses marques d’intérêt manifestées envers les catholiques français.
Depuis mai, Léon XIV a reçu la présidence sortante des évêques de France (20 juin), adressé une lettre aux catholiques (31 mai), une autre aux prêtres d’Île-de-France (5 juin), un message aux scouts et guides de France (28 juillet), et un télégramme après la mort du cardinal André Vingt-Trois (22 juillet). Il a également reçu un groupe de 600 catéchumènes, des servants d’autel français, ainsi qu’une délégation d’élus du Val-de-Marne ce jeudi.
Enfin, son attention ne se limite pas à la France : en quelques semaines, Léon XIV a reçu des Congolais, des Malgaches ou des habitants des îles de l’océan Indien — s’exprimant presque chaque fois en français. Un signe de bon augure pour les 348 millions de francophones dans le monde.










