Les parents sont parfois désemparés devant le comportement de leurs enfants face aux attentes de l'école. Les enfants qui font leurs devoirs et révisent pour les contrôles par eux-mêmes semblent l’exception. C’est l'expérience de Lisa, mère célibataire d’un garçon de 11 ans et d’une fille de 7 ans : "C’est la bataille pour les devoirs. Je suis obligée de menacer d’interdire les jeux vidéo si je veux que mon fils fasse son travail, ou alors de promettre un cadeau, de l’argent ou davantage de temps d'écran."
Le souci des études est un apprentissage difficile à transmettre et pourtant nécessaire, comme le rappelle le frère Paul-Adrien d’Hardemare, dans son livre Je crois en Dieu, connaître la foi chrétienne. "En tant que parents, [on attend de toi] que tu passes du temps avec tes enfants. En tant qu’enfant [on attend de toi] que tu obéisses à tes parents et que tu aies le souci de tes études."
Ne pas minimiser la curiosité des enfants
En outre, il est sage de ne pas minimiser la curiosité des enfants : dès leur plus jeune âge, les enfants ont le désir de découvrir le monde. Quand ils demandent pourquoi le ciel est bleu ou comment se forme un arc-en-ciel, ils ne cherchent pas de récompense pécuniaire. Le plaisir d’apprendre et de comprendre prévaut. Cette ouverture de l’intelligence peut perdurer en grandissant et l’argent ne semble pas la solution la plus appropriée pour aller dans ce sens.
Une bonne note à un contrôle de français ou le succès à un examen de musique vaut-il cinq euros, vingt, cinquante ? Comment monnayer la discipline et la persévérance déployées pendant l'année ? Les efforts et le chemin parcouru pourraient être reconnus sans avoir recours à l'argent, mais par des surprises comme préparer le plat favori de l’enfant quand il ne s’y attend pas, glisser une bouée géante dans la valise des vacances, offrir un beau livre ou encore organiser un restaurant en famille devant un coucher de soleil. Ces moments partagés montrent aux enfants que leurs parents voient leur travail et louent leurs efforts. Ces attentions pleines de tendresse attestent que les parents sont heureux que l’enfant prenne ses études au sérieux.
Une mauvaise note peut arriver
D’autant qu’avoir une mauvaise note peut arriver, même aux enfants qui travaillent de bon cœur. Un échec doublé de la suppression de la récompense financière peut agir comme une double peine et altérer l’estime de soi des jeunes. L’amour des parents va bien au-delà des notes et même de leur désir de voir leur enfant travailler et réussir.
Finalement, les enfants peuvent apprendre qu’ils travaillent ultimement pour eux-mêmes, pour grandir vers l'âge adulte. Faire plaisir à leur professeur ou rendre fiers leurs parents est agréable mais secondaire. Leurs efforts, leurs difficultés et leurs réussites font partie de leur histoire et participent à leur croissance en sagesse et en intelligence. Saint Paul le rappelle aux Colossiens : "Quel que soit votre travail, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour plaire à des hommes : vous savez bien qu’en retour vous recevrez du Seigneur votre héritage" (3, 23-24). Un héritage éternel donné par le Seigneur, encore mieux qu’un petit billet glissé dans une enveloppe, non ?










