La rentrée arrive à grands pas pour les 12 millions d'élèves français. Prévue pour le 1er septembre, elle est aussi, cette année, synonyme de plusieurs changements pour l'année 2025-2026. Entre éducation à la sexualité, déconnexion numérique et remise à niveau en mathématiques, les nouveautés se bousculent, certaines intéressantes et d'autres particulièrement inquiétantes.
1Portables en pause et déconnexion
La ministre de l'Éducation Élisabeth Borne a annoncé pour cette année scolaire la généralisation de la "pause numérique" (interdiction totale de l'utilisation des téléphones portables au collège), selon des modalités "définies par chaque chef d'établissement, en lien avec les collectivités territoriales".
Le téléphone est déjà interdit par une loi de 2018, mais celle-ci peine parfois à être respectée. Le dispositif "portable en pause" vise à renforcer son application en contraignant les élèves à le laisser pendant les cours dans des casiers, mallettes ou pochettes. Il a été expérimenté l'an dernier dans une centaine de collèges. Les modalités de mise à l'écart du téléphone devront cependant être "déterminées localement", indique une circulaire publiée en juillet. Les établissements peuvent ainsi estimer que l'interdiction est déjà bien respectée. Les départements ont souligné qu'"aucune vague de demandes pour la mise en œuvre de ce dispositif" n'avait été constatée.
Pour favoriser la déconnexion, les Espaces numériques de travail (ENT) ou autres outils numériques comme le logiciel Pronote (permettant les échanges entre parents, enseignants et élèves et où sont consignés notes et devoirs) ne seront plus mis à jour de 20H00 à 7H00 la semaine et le week-end (du vendredi 20H00 au lundi 07H00).
2éducation à la sexualité
Publié en février, le nouveau programme d'éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité (Evars) entre en vigueur à la rentrée, avec trois séances annuelles obligatoires dans l'ensemble des écoles, collèges et lycées, publics comme privés sous contrat. Elles étaient déjà théoriquement imposées par la loi depuis 2001 mais peu réalisées dans les faits. La ministre indique au Parisien avoir demandé "dans chaque établissement et à chaque niveau, une réunion avec les parents d'élèves en début d'année" pour "lever toutes les fausses nouvelles" et "rassurer".
Le programme Evars est en effet loin de faire l'unanimité : en février 2025, sept associations et 300 parents avaient fait un recours devant le Conseil d’État demandant son annulation, mais avaient été déboutés. Les demandeurs faisaient notamment valoir que le contenu du programme d'éducation à la sexualité méconnaît la primauté éducative des parents, pourtant énoncée par l’article L. 111-2 du Code de l’éducation, mais aussi des mesures de plus en plus intrusives et non nécessaires : prendre conscience de son orientation sexuelle en 5e, repérer la notion de plaisir en 4e, prendre conscience de sa capacité à agir au bénéfice de son bien-être et de sa santé sexuelle en 2nde… Si le texte avait été réécrit devant la polémique, de nombreux points suscitent encore des inquiétudes. "L’égalitarisme et les stéréotypes de genre sont encore très présents. L’expression "identité de genre" apparaît encore sept fois dans le texte" alertait ainsi Pascale Morinière, présidente des Associations familiales catholiques (AFC), sur Aleteia.
3épreuve de maths en première, bac exigeant, brevet modifié
Par ailleurs, de nouveaux programmes de français et maths seront mis en place en cette rentrée de la petite section de maternelle à la 6e. Une nouvelle épreuve écrite de mathématiques au bac général et technologique en première verra le jour au printemps. D'une durée de deux heures, elle sera coefficient 2 (le grand oral passant de coefficient 10 à 8 en voie générale).
Elle comportera deux parties : "un questionnaire à choix multiples" et "deux à trois exercices", selon le ministère. Cette épreuve portera "sur le programme de l'enseignement scientifique de première" ou sur celui de la spécialité maths, pour ceux qui l'ont choisie. Les "exigences" du bac seront par ailleurs "resserrées", indique Élisabeth Borne au Parisien. "Jusqu'ici, un élève qui avait moins de 8 sur 20 pouvait passer le rattrapage grâce à des points attribués par le jury. Ça ne sera plus possible", et "un élève qui aura moins de 9,5 ne pourra pas avoir le bac", détaille-t-elle.
Les modalités d'évaluation du brevet seront, elles, modifiées. L'examen passera de 50 à 60% de la note finale (40% pour le contrôle continu). Le contrôle continu prendra par ailleurs en compte désormais les notes de 3e, et non plus la maîtrise d'un "socle commun" de connaissances et compétences sur l'ensemble du cycle 4 (5e, 4e, 3e).
4Initiation à l'IA
Des formations à l'intelligence artificielle seront mises en place sur la plateforme Pix dès la rentrée dans des établissements volontaires, puis généralisées à tous les collèges et lycées début 2026. Elles seront obligatoires pour tous les élèves de 4e et seconde. "Face à l’IA, l’école ne sait pas trop sur quel pied danser", confiait à Aleteia en avril 2025 Blandine Coudert, professeur d'histoire géographie à Tours depuis une dizaine d’années et membre active du collectif "Éducation Numérique Raisonnée". Mais il y a urgence à s’adapter. "Mis à part peut-être chez les 6e qui sont assez consciencieux, l’IA est utilisée dans toutes les classes", constate-t-elle. Pour cette professeur, une priorité est d’expliquer aux élèves comment fonctionne l’IA. "Il est essentiel que les élèves comprennent cet outil, qu’ils maîtrisent son origine, son fonctionnement, ses limites…". L’école doit devenir un lieu pour apprivoiser cet outil et développer un esprit critique vis-à-vis de ce dernier.










