separateurCreated with Sketch.

Ils ont donné du sens à leur été en se mettant au service des victimes des incendies

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Domitille Farret d'Astiès - publié le 27/08/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Ils étaient partis pour construire une chapelle, ils se sont retrouvés à bâtir des murs en pierre sèche. Du 9 au 16 août dernier, une quinzaine de jeunes issus de la France entière se sont mis au service des victimes des terribles incendies qui ont fait des ravages dans le sud de la France, dans le cadre d’un camp-chantier organisé par les chanoines réguliers de l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse (Aude).

Terrifiant. Du 5 au 9 août, un terrible incendie a ravagé quelque 17.000 hectares de végétation dans le massif des Corbières (Aude), non loin de l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse. Si les religieux n’ont pas été touchés, ils voyaient les flammes depuis chez eux et plusieurs villages voisins ont été durement frappés. Or, une quinzaine de jeunes s’apprêtaient à débarquer à l’abbaye pour un camp d’une semaine initialement dédié à la construction d’une chapelle chez un habitant du village. Vu les circonstances, décision a vite été prise d’aller se présenter dès le samedi 9 août dans les mairies environnantes afin de proposer leurs services. "C’est arrivé sur une période qui était déjà dure et cela a un peu été le coup de grâce. C’était évident que nous devions les aider", confie à Aleteia le père Dominique, chanoine de Lagrasse. "Nous avons été très bien reçus", rapporte quant à elle Claire-Marie, 30 ans, sage-femme à Paris, une habituée des camps à l'abbaye. "On aurait pu avoir un sentiment d’imposture en débarquant là-bas comme des fleurs, mais en réalité les gens étaient très touchés par notre démarche alors que nous venions juste déposer un numéro".

Rapidement, ils sont contactés par Emmanuelle, agricultrice et éleveuse, qui vit dans une ferme à Fontjoncouse, un village des Corbières situé à vingt-cinq kilomètres de Lagrasse. Alors qu’elle vivait de ses élevages et de la culture de plantes médicinales de garrigue destinées à la réalisation de produits cosmétiques, elle a perdu la quasi-totalité de son troupeau de chèvres et ses cultures ont été dévastées : un désastre pour cette femme qui a vu partir en fumée une grande partie de son gagne-pain. Très impactée, elle a pourtant décidé de ne pas baisser les bras et a contacté les frères. "Cette femme m’a impressionné !", s’exclame le père Dominique. "Qu’elle ait pu en quelques jours penser à un nouveau projet, c’est assez incroyable !", abonde le religieux qui salue son extraordinaire résilience.

J’ai senti qu’il y avait de l’humain qui passait. Souvent, la douleur et la souffrance isolent. Or, là, c’était plutôt le contraire.

Rendez-vous est donc pris et pendant quatre jours, la joyeuse équipe se met en route sitôt la messe célébrée et le petit-déjeuner avalé, accompagnée par père Martin, l’un des chanoines. Leur objectif n’est pas de reconstruire ce qui a brûlé car il faut d’abord attendre le passage des experts. Mission leur est donnée d’édifier deux murets en pierre sèche sur une autre parcelle, qui serviront à des cultures en terrasses. Brouettes, râteaux, pelles et pioches aidant, tous s’activent la matinée durant jusqu’à l’heure du déjeuner. Sous l’œil vigilant de deux bénévoles par ailleurs tailleurs de pierre professionnels, les équipes s’organisent : les premiers s’occupent d’aller ramasser puis acheminer des pierres, tandis que les seconds sont en charge du terrassement, que les troisièmes montent le mur et que les derniers s’occupent du ravitaillement en eau, forcément nécessaire par ces rudes chaleurs méridionales. Ils se baissent, se relèvent, alignent les pierres, comblent les vides, accompagnés par des bénévoles locaux heureux de se mettre eux aussi au service. "Il y a beaucoup d’entraide dans la région", souligne le père Dominique, qui espère que l'abbaye pourra apporter de nouveau sa contribution dans les temps à venir. Ainsi, un restaurant trois étoiles de la région a participé à l’élan de solidarité en offrant des lasagnes pour le déjeuner. "Ce que nous avons fait, c’est peu de choses", reprend le religieux. "On a aidé comme on a pu mais malheureusement les besoins sont encore très peu répertoriés. C’est rude. Beaucoup de gens sont traumatisés et ne peuvent pas encore se tourner vers l’avenir".

Pour nos jeunes bénévoles, l’expérience a été marquante. "On a rendu service de façon vraiment concrète", s’enthousiasme Pauline, 31 ans, professeur de français à Marseille. "Apporter un peu de joie tout en aidant avec d’autres personnes, j'ai trouvé que cela avait beaucoup de sens". Antonin, 23 ans, tailleur de pierre à Paris et organisateur du camp, mentionne quant à lui une expérience "magnifique". "J’ai senti qu’il y avait de l’humain qui passait. Souvent, la douleur et la souffrance isolent. Or, là, c’était plutôt le contraire". "Les jeunes ont fait un travail incroyable", conclut le père Dominique. "Ils ne sont pas venus pour se la couler douce : ils étaient un bel exemple de vie chrétienne incarnée, joyeuse et généreuse, qui fait plaisir à voir".

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)